L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GAULLIER André, Bernard

André Gaullier, peu après la Libération

46238

Rescapé

André Gaullier (dit "canard") est né le 11 février 1921 à Ormes (Loiret). Il habite Orléans au moment de son arrestation. Il est cimentier ­boiseur, puis couvreur et travaille à la base aérienne de Bricy (Loiret).
Membre du Parti communiste, il est sportif, basketteur
Il entre dans la lutte clandestine en 1941 : Marcel Boubou et Robert Dubois, sont responsables du triangle de direction de son groupe, au sein duquel il mentionne Delaporte, Delmotte, Lucien Vannier et Louis Lebreton. ­
André Gaullier est arrêté par des gendarmes français 
à Ormes le 21 février 1941 pour "propagande communiste" avec Maurice Graffin et Roger Pinault. Il est écroué à la prison d'Orléans, où il reste jusqu'au 11 juin 1941.  

Bordereau d'immatriculation au camp de Choisel d'André Gaullire, Maurice Graffin et Roger Pinault
Puis il est interné aux camps de Rouillé, de Fontevraud (avec Maurice Graffin et Roger Pinault selon le témoignage d'André Bolzé) et de Choisel à Châteaubriant avec ses deux camarades (où il reçoit le matricule 720).
Fiche d'otage d'André Gaullier (XL IV -62 CDJC)
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 18 avril 1942, en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
André Gaullier est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46238".
A Auschwitz, il a la jambe cassée et le pied gauche fracturé en 1943. Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11".

Le 28 août 1944, André Gaullier est transféré à Flossenbürg, puis, le 1er novembre, à Buchenwald (Komando de Wansleben), où il reçoit le numéro matricule 93417 et travaille au Kommando KLB.
Le 12 avril 1945 commence une épuisante et mortelle marche, et André Gaullier s'évade, durant la nuit, en compagnie de Maurice Rideau : les troupes américaines les prennent en charge, et les ramènent à Nordhausen et Dora.
Alors que ses compagnons regagnent la France, il reste à Merseburg, et accompagne "jusque dans son pays une déportée belge complètement désemparée" (récit de Maurice Rideau).
Le 8 mai 1945, il est à Paris à l'hôtel Lutétia.
André Gaullier a été homologué "Déporté politique".
Fortement traumatisé, sa réinsertion a été difficile, comme en témoigne Maurice Rideau qui ajoute "Heureusement notre camarade Henri Gorgue l'a pris en main", soulignant ainsi une profonde solidarité maintenue de longues années durant.
La photo d’André Gaullier, prise peu après la Libération, a été remise à Maurice Rideau quelque temps après le décès de son ami, survenu le premier septembre 1981.

Sources

  • Sa fiche d'otage portant mention : Loiret 5 et indiquant le transfert de Chateaubriant à Compiègne (le 18 avril 1942). XLIV - 62 CDJC / Fonds état major allemand.
  • Echange de courriers avec Louis Oury, écrivain, à la suite de ses recherches aux archives de Nantes et celles du camp de Châteaubriant (dossiers, bordereaux), en avril et mai 1991.
  • Témoignage d’André Montagne
  • Témoignages recueillis par Roger Arnould (16 mai 1973)
  • Souvenirs de Maurice Rideau (1982)
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel), 1992.
  • André Bolzé, récit : "De la Seine à l'Elbe" (MRN Champigny).
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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