L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DEJAMEAU Roger




45474
Roger Déjameau est né le 20 août 1907 à Niort (Deux-Sèvres), où il habite au moment de son arrestation.
Il est marié avec Renée : «mon mari avait un caractère gai, enjoué, avenant, il était calme, aimait la pêche, le sport en général et pratiquait le jeu de boule» écrit son épouse à Roger Arnould en 1973.

Roger Déjameau a dû quitter l’école très tôt pour se mettre au travail. Il est électricien à la Société française d'éclairage et de chauffage par le gaz à l’usine de Niort. «Il a compris très tôt que les travailleurs devaient s’unir pour se défendre (…) il était devenu un militant actif de son syndicat», écrit Edouard Brisseau dans son hommage dans le « semeur » le 24 janvier 1947.
Spontanément, il avait demandé son adhésion au parti communiste.
"Les camarades de la cellule N°1, rue de Strasbourg (…) se souviennent qu’il avait mis sur pied une équipe de vendeurs bénévoles pour notre « semeur »… Tous les dimanches il se tapait 50 kms à vélo pour distribuer notre presse". Il est à l'origine de la création d'une cellule à Chauray (Deux-Sèvres).

Mobilisé en septembre 1939, "il fait son devoir" dit Edouard Brisseau.
Sous l’Occupation, Roger Déjameau reprend son action dans le parti communiste clandestin, dès sa démobilisation.
Avec ses camarades Poupeau et Ravard, il écrit, sur l'avenue de Paris à Niort, "Libérez nos camarades. A mort Hitler".
Il est arrêté le 27 juillet 1941 pour ce motif par la police française, avec ses 2 compagnons. Détenu à la prison de Niort où il retrouve Edouard Brisseau déjà incarcéré. Il est jugé en février 1942 et condamné à 6 mois de détention.
Roger Déjameau est alors transféré au camp de Rouillé. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, mars-avril 1942, en vue de sa déportation comme otage. A Compiègne il reçoit le numéro matricule 3809. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages

Roger Déjameau est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45474 .
Roger Déjameau meurt à Auschwitz le 26 février 1943
d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 218). Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé en novembre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Une cellule du parti communiste à Niort a reçu son nom en 1947.

Sources
  • Lettre de sa veuve Renée à Roger Arnould (1973).
  • Article du journal local "Le Semeur", signé d'Edmond Brisseau (24 janv. 1947)
  • Archives de Niort
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en septembre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
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