L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COUILLON Marcel, Eugène, Pierre, Marie


Marcel Couillon est né le 14 mai 1905 à Orléans (Loiret). 
Il est le fils de Jeanne, Aline Magloire, 28 ans et d'Albert, Ernest Couillon, 32 ans, typographe, son époux. Il habite au 179 Faubourg Saint-Vincent à Orléans au moment de son arrestation.
Conducteur de poids-lourds, il est employé aux PTT à Orléans. 
Il devient pupille de la Nation en 1920.
Il épouse Marie Lerouge, employée de bureau, le 6 août 1927, à Orléans.
Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier. II est libéré le 23 août 1941.
Témoignage de Marie Couillon (dossier d'homologation)

Selon son épouse, Marcel Couillon reprend contact avec le Parti communiste clandestin dès son retour de captivité : « il fut affecté à la distribution de la littérature patriotique entre les groupes illégaux d’Orléans. C’est au cours de cette activité qu’il fut repéré et finalement arrêté ».
Militant communiste connu des services de police avant guerre, il est arrêté à son domicile le 18 octobre 1941, par la police française, en raison de ses activités clandestines, en même temps que 8 de ses camarades (parmi eux Marcel Boubou et Henri Ferchault). 
Marcel Couillon est conduit à la prison de la rue Eugène Vignat, à Orléans. II est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122)
A Compiègne, il reçoit le matricule n° 1956.
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.  
Raymond Gaudry signale sa présence dans le convoi du 6 juillet 1942, dans sa lettre lancée du wagon.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Couillon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Le numéro "46231" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation publiée au début de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve.
Antoine Vannin, de Valleroy, a témoigné avoir été avec lui à Birkenau, jusqu'au 13 juillet 1942. Il n'apprend son décès qu'en décembre.
Marcel Couillon meurt le premier septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 286).
Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé le 15 octobre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Marcel Couillon est déclaré "Mort pour la France" en 1948 et homologué comme "Déporté politique".
Il est homologué comme soldat de deuxième classe au titre de la Résistance Intérieure Française, comme membre du "Front National" (décret du 9 septembre 1947).
Une plaque a son nom et celui de Marcel Lerouge (dont on lira la biographie sur le site de l'AERI) été apposée au 179 bis rue du Faubourg saint-Vincent à Orléans (le nom de Marcel Couillon a été mal orthographié). 

Sources
  • "Ceux du groupe Chanzy". André Chène (Librairie Nouvelle, Orléans 1964, brochure éditée par la Fédération du Loiret du Parti communiste.
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel). Avril 1992.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Archives en ligne d'Orléans.
  • Remerciements à l'Association pour des Etudes sur la Résistance intérieure. © Département AERI de la Fondation de la Résistance, ma notice de 2012 complétée par Fabrice Bourrée à partir du dossier d'homologation de Marcel Couillon, service historique de la Défense, 16 P 146 147. 
  • Photo de la plaque © Fabrice Bourrée.
Biographie rédigée en novembre 2007, modifiée en 2012 et 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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