L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COUDERT Clément










45402
Rescapé


Clément Coudert est né à Chaligny (Meurthe-et-Moselle) le 22 février 1908. Il habite au «café de la Meuse» à Neuves-Maisons (même département) au moment de son arrestation.
Il est ouvrier métallurgiste dans cette ville, marié à Herminie Marie Aubry.
­Militant cégétiste, Clément Coudert adhère au Parti communiste en 1929.
Il est mobilisé en 1939, et à son retour, « de Paris est venu un responsable du Comité central du PCF. Clément avec quelques camarades, "participe à la formation des premiers groupes FTP du groupe Lorraine, formation de plusieurs groupes composés de 3 combattants, tous communistes » (André Dupin).

Clément Coudert appartient à un groupe de 3 avec Hubert Sensiquet (celui-ci sera décapité à la hache à Cologne en 1943) et Jean Godefroy (fusillé à La Malpierre le 4 avril 1943).
Les réunions clandestines se tienne au « café de la Meuse » à Neuves-Maisons, où Clément Coudert vit avec sa femme Herminie. Ils distribuent de tracts contre l’occupant ainsi que  l’Humanité clandestine.
Au petit matin du 1er mai 1941, Clément Coudert et ses camarades hissent le drapeau rouge à Chaligny et de petits drapeaux tricolores flottent sur les fils électriques dans les rues de Neuves-Maisons. A leur actif, récupération de poudre à la mine de Ludres et plusieurs sabotages dont la destruction à l'explosif de la ligne de chemin de fer Toul-Blainville,et la tentative de libération des prisonniers du camp d'Ecrouves.
C'est en raison de nombreuses actions dans la région que la police allemande l'arrête à Chaligny le 22 juin 1941, jour de l'attaque allemande contre l'Union soviétique.
Clément Couder est enfermé à la prison Charles III de Nancy "avec une centaine d'autres FTP", parmi lesquels Eugène Guépratte qui sera déporté dans le même convoi des "45000".
Clément Coudert est transféré au camp d'Ecrouves, près de Toul. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en juillet 1941.

Clément Coudert est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Dans son wagon, lors du transport du 6 juillet 1942, un trou est creusé, mais l'évasion échoue.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45402.

A Auschwitz-Birkenau, il est affecté au kommando des "installateurs". La Résistance du camp lui confie mission d'entrer en contact avec les femmes déportées et de tenter une aide alimentaire. Il y veille jusqu'à son transfert à Gross-Rosen.
Cliquer sur le document pour l'agrandir

Au sein du kommando des installateurs, il se déplace partout dans le camp pour effectuer des réparations : c'est ainsi qu'il a vu la chambre à gaz, le crématoire et les monceaux de corps convulsés que l'on en sortait. Dès son retour à Paris, il ira porter témoignage au journal l'Humanité : l'article paraîtra le 24 avril 1945.
Le 7 septembre 1944 il est transféré à Gross-Rosen où il reçoit le matricule 40988.
Le 8 février 1945, il est ensuite dirigé sur Nordhausen-Dora, puis sur Neuengamme.
Il est libéré le 12 avril 1945, il ne pèse plus que 38 kilos.
Après quelques jours passés à Paris (témoignage à l'Humanité), il rentre à Neuves-Maisons où « il retrouve sa femme très éprouvée de voir dans quel état il est, moralement et physiquement. Après de nombreux mois de soins et de réadaptation il reprend son travail comme mécanicien à l’usine de Neuves-Maisons» (André Dupin).
Plus tard il est élu délégué CGT et reprend ses activités au sein du Parti communiste. Il témoigne souvent de ce que fut Auschwitz.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Clément Coudert est mort à son domicile de Chaligny, le 3 mai 1973. Il avait 65 ans.

Sources
- Clément Couderc témoin des chambres à gaz dans " l'Humanité " du 24 avril 1945.
- La « Voix de l’Est » page de Neuves-Maisons (mai 1972) : Les Communistes dans la Résistance, hommage-souvenirs recueillis par André Dupin, membre du bureau fédéral du PCF.
- Texte communiqué par le ministère des ACVG (10 février 1948), recoupant les souvenirs de Clément Coudert.
- En juillet 1989, Madame Herminie Coudert me confie des documents (la "Voix de l’Est" et le certificat de décès de son mari).

Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.
Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

Aucun commentaire: