L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BOULAY René, Louis, Eugène


René Boulay est né chez son grand-père Louis Puis, le 19 novembre 1892 à Saint-Pryvé (Loiret). 
René Boulay habite au 3 ter rue Vappereau à Orléans au moment de son arrestation.
Il est le fils de Louise, Eloïse Puis, 25 ans, cuisinière et d'Honoré Boulay, valet de chambre, son époux. 
Ses parents habitent Saint-Calais dans la Sarthe où son père est employé.
Registre matricule militaire
Au moment du conseil de révision, René Boulay habite Orléans 56 rue Vielle Levée. Il travaille comme mécanicien. Son registre matricule militaire indique qu’il mesure 1m 67, a les cheveux châtain, les yeux marron, le front moyen vertical et le nez cave moyen, le visage long. Il a un niveau d’instruction « n°3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée).
Conscrit de la classe 1912, il est incorporé en août 1913 au 153ème Régiment d’infanterie. Mobilisé le 2 août 1914 il est fait prisonnier le 20 août 1914 lors de la bataille de Morhange, Schlacht bei Dieuze pour les Allemands. Il ne sera libéré que le 17 décembre 1918. Il passe alors au dépôt du 191ème régiment d’infanterie. Il est démobilisé le 25 août 1919. Les archives du Loiret ayant recouvert une partie de son registre matricule, nous n’en saurons pas plus.

En août 1920, il habite rue Saint-Mesmin à Orléans. 
René Boulay épouse le 23 mai 1923 à Orléans, Yvonne, Jeanne, Charlotte Beaucard. En 1924 il déménage au 22 rue de Limare, au 5 rue Grison en 1932, puis au 3 ter rue Gustave Vappereau à Orléans où il réside au moment de son arrestation.
Tourneur-ajusteur, il est employé à la Manufacture des Tabacs à Orléans.
"Il est secrétaire de l'Union départementale unitaire (CGTU) du Loiret de mars 1924 à 1926, de l'Union locale d'Orléans en 1927-1928, co-secrétaire régional en 1928 avec Croset et secrétaire régional en 1930. Boulay militait activement au Secours rouge et figura sur les listes communistes lors des élections municipales de mai 1929 et mai 1935" (Maitron).
René Boulay est arrêté le 28 septembre 1941 par la police française "pour activités communistes" selon sa femme Yvonne. Il est conduit à la prison de la rue Eugène Vignat, à Orléans. II est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Raymond Gaudry signale sa présence dans le convoi du 6 juillet 1942, dans sa lettre lancée du wagon.
René Boulay est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Le numéro "45282" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation publiée au début de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve.
René Boulay meurt à Birkenau le 18 novembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 123). La mention « Mort en déportation » a été apposée en 1987 sur les actes ou jugements déclaratifs de décès le concernant (qui portent la date fictive du 15 novembre 1942). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Sources

  • Renseignements communiqués à la FNDIRP par sa veuve Yvonne (1972)
  • ADIRP Loiret (1972).
  • "Ceux du groupe Chanzy". André Chène (Librairie Nouvelle, Orléans 1964, brochure éditée par la Fédération du Loiret du Parti communiste.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 20, page 91 (Notes de Jean Maitron et Claude Pennetier).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel).
  • Archives du Loiret. Registre matricule militaire.
Biographie rédigée en novembre 2007 et complétée en 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
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