L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ZIEMKIEWICZ Victor


Victor Ziemkiewicz est né le 27 mai 1902 à Exin (Pologne). Il habite à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Il est mineur de fer à la mine du "Fond de la Noue" à Homécourt.
Victor Ziemkiewicz est arrêté le 2 mars 1942, à son domicile, en même temps que Wladyslaw Bigos, Boleslaw Ferenc, Jean Trzeciak et Jean Krechioch, comme otage dans la vague de répression qui suit le plastiquage du Transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).
Une hypothèse rapportée par Charles Dallavalle a circulé parmi les mineurs : Victor Ziemkiewicz aurait été arrêté par erreur "Il y avait à la mine d'Homécourt un militant syndicaliste et communiste connu, qui avait un nom de la même consonance, quoique avec une orthographe différente, mais qui était prisonnier de guerre en Allemagne. Certains pensent qu'il y a eu confusion de noms".
Victor Ziemkiewicz est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Victor Ziemkiewicz est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Le numéro d’immatriculation de Victor Ziemkiewicz à Auschwitz n’est pas connu.
Le numéro « 46212 » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

Victor Ziemkiewicz meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942
d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 3 page 1396). Dans les années d’après-guerre, le ministère des ACVG a fixé sa date de décès au 15 juillet 1942

Sources

  • M. Jean Pierre Minella, maire d'Homécourt (9 mars 1989).
  • Charles Dallavalle, ouvrier sidérurgiste aux usines Marine Wendel d’Homécout avant guerre, Résistant et déporté (recueillis par Roger Arnould en 1972).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (1992).
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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