L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


WALTER Raymond


Matricule "46204" à Auschwitz
Raymond Walter est né le 7 mai 1907 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), où son père est sellier-garnisseur. Il habite dans cette commune au moment de son arrestation.
Il est ajusteur.
Raymond Walter est membre du bureau de l'Union locale CGTU de Lunéville.
"Militant actif du Rayon communiste de sa commune natale", il est gérant de l'organe régional du Parti communiste "L'Est ouvrier et paysan " en décembre 1934, puis il gère " La Voix de l'Est " jusqu'en 1936.
Il est candidat du Parti communiste aux élections cantonales d'octobre 1934 (Lunéville-Sud).
"Au printemps 1941, il fit l’objet d’une surveillance alors qu’il se trouvait à Gouvieux dans l’Oise. Le sous préfet de Lunéville avertit le sous préfet de Senlis de sa présence et lui demandait de bien vouloir le surveiller. Dans une lettre du 23 mai 1941, il le présentait ainsi « Membre du syndicat unitaire des métaux de Lunéville, il en est devenu le secrétaire en 1934. Militant PC il était le bras droit de Gili Dante*, ex secrétaire de cellule de Lunéville qui vient d’être déchu de la nationalité française. Propagandiste actif, mobilisé il est rentré le 31 mars 1941 à Lunéville, quelques jours plus tard il quittait Lunéville pour l‘Oise ». Le sous préfet de Senlis répondit le 13 juin 1941 « Il travaille à l’entreprise TOT Kurtz-Kranz au château de Mont Villargenne à Gouvieux où il est nourri et blanchi. Cette firme allemande a à son service près de 500 ouvriers, il est donc difficile de le surveiller. Il n’est pas domicilié chez Despretz à Gouvieux ». L’allusion à Despretz est doublement intéressante, l’information venait de la sous préfecture de Lunéville or Léon Despretz, sous le pseudonyme de Louis, fut par la suite l’un des plus hauts responsables du Front national dans l’Oise. Un rapport des renseignements généraux quelques jours avant donnait une information légèrement différente : « Il est employé à l’entreprise allemande MAUE, il travaille au camp d’aviation de Malassise commune d’Apremont et est hébergé avec un grand nombre d’ouvriers au château des Fontaines à Gouvieux ». (Maîtron)
Raymond Walter est arrêté le 17 juillet 1941 à Gouvieux sur Oise par la police française en raison de son passé communiste. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne. Il y reçoit le numéro matricule 1297. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Raymond Walter est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46204".
Raymond Walter meurt à Auschwitz le 11 février 1943 d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué en 1955.

Sources

  • Raymond Montégut 'Arbeit macht frei" page 233. Ed. Du Paroi, 1973.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (janvier 1992).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 43, page 339. Edition 2011 note de Jean Pierre Besse.
Biographie rédigée en juin 1997 (modifiée en février 2011) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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