L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


VANIN Antoine, Bruno



Antoine Vanin avant guerre
Matricule "46171" à Auschwitz

Rescapé

Antoine Vanin est né le 12 avril 1920 à Cismon del Grappa (Italie). 
Il est le fils de Caterina Fiorese et d'Antonio Vanin. il est naturalisé Français.
L'entrée de la mine à Valleroy
Il habite à Valleroy (Meurthe-et-Moselle), au 123 Cité de la Mine au moment de son arrestation. Antoine Vanin est mineur de fer.
La Brigade Garibaldi à Madrid
Militant de la CGT, il part comme volontaire en Espagne républicaine le 15 août 1938. Il y rejoint alors le Parti communiste. Il sert dans la fameuse 12ème Brigade internationale Garibaldi, composée d'italiens et d'antifascistes, qui mettent en déroute les chemises noires de Mussolini à Guadalajara. Blessé, il rentre en France vers octobre 1938.
Antoine Vanin et sa moto, cité de la mine à Valleroy

Antoine Vanin se marie avec Modestina Veronese à Auboué le 5 octobre 1940, il est père de deux enfants.

Sous l'occupation, son activité est importante : rédaction, impression et diffusion de tracts, participation active à la préparation du sabotage de la Centrale électrique d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).Dans son dossier individuel établi par le Ministère des Anciens combattants, figure une attestation de Mario Tinelli selon laquelle il est membre des FTP du 2 février 1942 à son arrestation.
Le 4 février 1942 (fiche au DAVCC) ou le 20 février 1942 (Mario Tinelli) des Feldgendarmen l'arrêtent "à la suite d'une fuite dans le service courrier du Réseau", selon Mario Tinelli, responsable de ce réseau FTPF, qui ajoute : "Il n'a jamais avoué" lors des interrogatoires (Louis Bresolin et Emile Tunési, qui feront eux aussi partie du convoi du 6 juillet) sont arrêtés le même jour. Il est écroué à la prison de Nancy.
Antoine Vanin est incarcéré à la prison de Briey le 20 février 1942. Puis il est interné au camp d’Ecrouves (23 février), puis à Nancy le 5 mars.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 5 mars (DAVCC) ou le 10 avril 1942 au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.  Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942
Le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Antoine Vanin est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46171". 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz (malheureusement superposée à une autre) a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale" 
Malade, il entre au Revier (Block 18 A) le 12 janvier 193. Il est "planqué par les copains à la pharmacie SS du Revier pour échapper aux sélections pour la chambre à gaz, rapporte André Montagne. 
Henri Peiffer se souvient qu'un détenu infirmier du Block 19, lui avait confié qu'il avait eu à subir des expériences de stérilisation menées par les médecins SS.  

Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est placé en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11
Au Block 11, il fait "popote commune" avec Albert Morel, de Lure et partage avec lui les colis qu'il reçoit. 
Antoine Vanin est transféré le 31 août 1944 à Flossenbürg (il y reçoit le matricule "19.899"), et le 22 mars 1945, à Dresde. Lire dans le blog, "les itinéraires suivis par les survivants".
Il est libéré le 18 avril 1945 par les troupes américaines, mais trouvant trop longues les opérations de rapatriement, il s'évade et regagne seul la France le 19 mai, via Saint-Avold.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué.
Antoine Vanin est mort le 11 décembre 1973 à Codolet (Gard).

Sources
  • Témoignages nombreux : Antoine Vanin a laissé le souvenir d'un homme remarquable. André Montagne le considère "comme son grand frère" et rappelle sa remarquable facilité pour les langues étrangères. Souvenirs d’Albert Morel, Giobbé Pasini, Henri Peiffer (lettre du 7 mars 1988).
  • Attestation de Mario Tinelli, responsable FTPF (27 mai 1950).
  • Mairie de Valleroy ( M. R. Besnier, Maire).
  • Photo de la mine, site internet de la Mairie de Valleroy.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Edition 2011.
  • "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle" (Jean Claude et Yves Magrinelli) page 244.
  • Fichier national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Dossier individuel : 1992, novembre 1993.
  • © Photo d’Antoine Vanin à moto, transmise par Amélie Vercellino, à qui son père l’a confiée. 

Biographie rédigée en juin 1997 (complétée en avril 2016) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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