L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TRZECIAK Jean



Jean Trzeciak est né le 23 décembre 1896 à Zarzecze (Pologne). Il habite 196 rue Emile Heurteau à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Il est mineur de fer à la mine du "Fond de la Noue" d'Homécourt.
Jean Trzeciak est marié, père de 4 enfants.
Il est arrêté le 2 mars 1942, à la mine, en même temps que Wladyslaw Bigos, Boleslaw Ferenc, Victor Ziemkiewicz et Jean Krechioch tous mineurs de fer.
Le 4 mars, il est enfermé à la prison Charles III de Nancy.
Jean Trzeciak est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Une lettre, jetée à Compiègne, annonce à sa famille son départ "pour une destination inconnue".

Jean Trzeciak est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro "46162" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

Jean Trzeciak meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942 d’après les registres du camp.
Son décès, rapporté par un déporté de Mancieulles, survient "en novembre 1942 par le typhus".
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué en 1953.

Sources
- Témoignage de sa fille, Mme Bonetti, qui avait 13 ans lors de l'arrestation (mars 1992).
- Témoignages de Charles Dallavalle, ouvrier sidérurgiste aux usines Marine Wendel d’Homécout avant guerre et Résistant. (1972).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (octobre 1993).

Biographie
rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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