L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TRESEUX Ernest



Matricule "46156" à Auschwitz

Ernest Tréseux est né le 9 juin 1906 à Rocquigny (Ardennes). 
Il habite Sedan-Torcy au moment de son arrestation. 
Il est le fils de Léonie, Amanda Watier, 25 ans et d'Emile, Ernest Tréseux, 26 ans, manouvrier. Ses parents se sont mariés à Rethel en 1904.
Ernest Tréseux épouse Simone, Georgette Raigner, le 10 février 1930 à Letanne. Le couple aura six enfants.
Il est manœuvre à l’usine de laminage Saint-Denis (Société Anonyme des Ateliers et Chantiers de la Loire Saint-Denis).
Ernest Tréseux est adhérent à la CGT et membre du Parti communiste (il est secrétaire de la cellule de l’usine).
Il est arrêté le 19 octobre 1941 à son domicile par la police allemande pour avoir, selon sa veuve, "fait une distribution de tracts à travers l'usine".
En ce mois d’octobre 1941, dans plusieurs départements, des « communistes notoires » sont arrêtés afin de constituer des réserves d’otages. Dans les Ardennes, Julien Ruchot, Clément Auburtin, Eugène Visse, Gaston Gillet, Jean De Bloedt, Jules Michel, et Julien Jurion (de Renwez, qui sera déporté à Auschwitz dans le même convoi) sont arrêtés les 19 ou 20. Ernest Tréseux est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 21 octobre 1941 au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Il y porte le matricule "1845". 

Depuis le camp de Compègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Ernest Tréseux est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Ernest Tréseux est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «46156» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz et le site internet du Musée. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Ernest Tréseux meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1255). Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé le 1er mars 1943 à Auschwitz (Pologne)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel 3 juin 2001). Ceci était pourtant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Une plaque commémorative honore sa mémoire.
Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, a été remplie par sa veuve en 1990.
  • Lettre (13 novembre 1989) de M. René Vise, conseiller régional. Son père, interné lui aussi à Compiègne avait bien connu Julien Jurion.
  • Julien Ruchot (lettre à Roger Arnould du 3 février 1972) interné à Compiègne du 22 octobre 1941 au 25 août 1944 a témoigné le 3 février 1972.écrit avoir connu Ernest Trézeux arrêtés le même jour que lui et communique leurs numéros matricule à compègne. Julien Ruchot réussit à s'évader du train qui l'emmenait en Allemagne, dans la nuit du 25 au 26 août 1944 à Montdidier (Somme).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Etat civil des Ardennes.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie rédigée en décembre 2007, complétée en 2011 et 2017, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: