L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


REBOURG Marceau, Louis





Matricule 45339 à Auschwitz

Lettre de la prison de St Mihiel adressée à son frère André, interné au camp de St Paul d'Eyjeaux (visée par la censure le 17 mai 1942).

Marceau Rebourg est né le 3 juin 1920 à Foug (Meurthe-et-Moselle), où il réside au moment de son arrestation.
Il est célibataire, travaille comme mouleur en fonte puis ajusteur à l'usine métallurgique P.A.M de Foug.

Le 8 juillet 1942
Il est syndiqué à la CGT. 
S'il n'est pas membre du Parti communiste, son père, militant communiste et secrétaire du Syndicat des Métaux, avait été élu conseiller municipal, déchu de son mandat en 1940 est arrêté en juillet 1941 (il effectue 2 ans de prison "pour propagande communiste" à la centrale de Clairvaux).
Des policiers français arrêtent Marceau Rebourg avec son frère André, Place Stanislas à Nancy, le 16 juin 1940. "Le directeur de l'usine P.A.M ayant fourni tous renseignements pour se venger" écrit André Rebourg. Ils sont brutalisés, envoyés au camp de Montignac-sur-Vézère (Dordogne), puis à celui de St Paul d'Eyjeaux, près de Limoges (Haute-Vienne).
Le camp de St Paul d'Eyeaux @ MRN Champigny
Marceau Rebourg s'en évade le 30 janvier 1941 et rentre chez lui ; mais il est repris dès le 12 février 1941, et condamné pour évasion par le tribunal de Nancy. Interné à la prison de Saint-Mihiel (Meuse), il y est encore le 17 mai 1942 (cf. lettre) : Marceau Rebourg est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 10 juin 1942 en vue de sa déportation comme otage (il y porte le N° matricule 5997).

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marceau Rebourg est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
L'immatriculation à Auschwitz
Marceau Rebourg est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «46039» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale" 
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz est désormais connu, car la photo du déporté portant ce numéro a été identifiée par sa soeur Roxane, âgée en 2014 de 90 ans. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. 
Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des "Blocks".
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date du décès de Marceau Rebourg à Auschwitz.
Dans les années d’après-guerre le ministère des Anciens combattants a fixé sa date de décès au 15 août 1942 afin de donner accès aux titres et pensions à sa familleUn arrêté ministériel du 31 janvier 1997 paru au Journal Officiel du 8 mars 1997 porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur ses actes et jugements déclaratifs de décès en reprenant la date de décès de l’état civil retenue par le ministère des Anciens combattants. 
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune de Foug.

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par son frère André Rebourg
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (juillet 1992).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Et tome 40, page 15.
  • Mel (février 2014) de son arrière petite nièce Aurélie Lozahic qui a transmis le témoignage de sa grand-tante Roxane, confirmant l'identité du N° 46039 comme étant son frère Marceau Rebourg.
Biographie rédigée en juin 1997, (complétée en 2014) à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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