L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


OSTORERO Maurice


45941
Rescapé


Maurice Ostostero est né le 3 février 1910 à Thil (Meurthe-et-Moselle), il y habite, au 8 cité Sors, au moment de son arrestation, .
Il est marié, père d'un enfant.
Fils de mineur, il a été mineur de fer, puis cheminot (machiniste de locomotive).
Délégué mineur, syndicaliste CGT, Maurice Ostorero est militant actif du Parti communiste et du Comité de soutien à l'Espagne républicaine.
A l'Occupation, il est arrêté une première fois le 26 juillet 1941, après une distribution de tracts "de propagande anti-allemande".
Placé en liberté surveillée, Maurice Ostostero est repris comme otage, le 21 février 1942, à son domicile, par des Feldgendarmes, au cours de l'arrestation de masse qui fait suite au sabotage du transformateur d'Auboué (dans le dossier du tribunal allemand on peut noter, de deux écritures différentes, les mention "déportation" et "communiste" entouré de rouge). Lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942.
Maurice Ostorero est écroué à la prison de Longwy, puis interné le 29 février 1942 au camp d'Ecrouves, près de Toul. Le 4 mars, il est remis aux autorités allemandes (Feldkommandantur 591) à leur demande. Celles-ci l’internent le 5 mars 1942 au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Maurice Ostorero est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Maurice Ostorero est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45941.
Le 28 août 1944 il est transféré à Sachsenhausen (Kommando des routes).
Il est libéré à Oranienbourg le 25 mai 1955.
Maurice Ostorero est homologué déporté politique. Le titre de "déporté résistant" lui est refusé au motif : "otage arrêté au cours d'une rafle".
Après la Libération, il est élu au Conseil municipal de Thil (comme maire ou maire-adjoint d'après Giobbé Pasini).
Maurice Ostorero meurt à Villerupt le 25 avril 1959.

Sources
- Correspondance avec Madame Colette Speziale, sa fille
­- Témoignage de Giobbé Pasini (22 juin 1973).
- R. Piva (adjoint au Maire : 24 mai 1989)
- M. Gilbert Schwartz, président départemental de la FNDIRP (1989).
- Mairies de Thil et de Villerupt .
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Val de Fontenay novembre 1993.

Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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