L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


JEUSSET Pierre, Jean, Ange



Pierre Jeusset est né le 9 juillet 1919 à Brest (Finistère). Il est le fils de Marie Joséphine Abjean (31 ans), ménagère et de Ange Marie Jeusset (28 ans) coiffeur, son époux. 
Il habite chez sa mère au 108 rue de Bagneux à  Montrouge (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il est célibataire et travaille comme manœuvre à la gare Montparnasse.

Brigadistes et insigne des BI
Pierre Jeusset, sympathisant communiste, a combattu en Espagne dans les rangs des brigades internationales de septembre 1936 à mai 1937.
Pierre Jeusset est arrêté le 24 décembre 1941 à Montrouge par la police française. Il est interné à la prison des Tourelles du 24 décembre 1941 jusqu'au 5 mai 1942.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 5 mai 1942 (comme le seront tous les futurs déportés du convoi dit des « 45000 » anciens brigadistes internés aux Tourelles) en vue de sa déportation comme otage. A Compiègne il reçoit le matricule 5287. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.



Pierre Jeusset est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu.

Pierre Jeusset meurt à Auschwitz le 23 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz , Tome 2 page 515). Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention « décédé le11 juillet 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
L’arrêté ministériel du 7 juillet 1994 (Journal Officiel du 17 août 1994) a porté apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de décès, en modifiant le précédent arrêté qui fixait la date de son décès à celle du départ du convoi. 
Il est déclaré "Mort pour la France" le 5 mai 1958. Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué en 1956.
Son nom figure sur la plaque commémorative (en Mairie) dédiée aux habitants de Montrouge morts pour la France.

Sources

  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (dossier statut 2010).
  • Légifrance, JO 189-17 août 1994.
  • Archives municipales de Brest.
Biographie rédigée en août 2010, modifiée en juin 2011, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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