L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HEITZ Guillaume



Guillaume Heitz est né le 14 juillet 1910 à Mulhouse (Haut-Rhin). Il habite au 4 rue Castara à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. Il est célibataire
Il est vérificateur ou métreur en tissus.
Prisonnier de guerre au Stalag V/A, il est libéré le 22 août 1940, comme Alsacien-Lorrain. 

Il travaille à l'intendance allemande de Lunéville où il aurait eu une altercation avec des militaires allemands. 
Le 20 février 1942, il est arrêté à Nancy, pour une cause "insuffisamment établie" (selon le ministère des Anciens Combattants) et incarcéré à la prison Charles III de Nancy. 
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. 
Celles-ci l’internent le 20 mars 1942 au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage (il y reçoit le matricule 3815).
Son attitude à Compiègne lui vaut d’être mis en quarantaine par ses codétenus.
Charles Désirat écrit : « il y a encore des agents de l’ennemi plus dangereux (…) enfermés là pour quelques délits contre leurs maîtres et qui veulent racheter leur liberté au prix de nouvelles trahisons (…) leur maître Heitz est un rouquin, déporté quand même à Auschwitz, et crevé sous le bâton de valets nazis encore plus féroces que lui ».

Guillaume Heitz est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu.
Guillaume Heitz meurt à Auschwitz le 22 octobre 1942 d’après les registres du camp. Selon plusieurs témoignages (Raymond Montégut, Georges Dudal, Georges Marin), il a été Kapo à Birkenau, "responsable de la mort d'une cinquantaine des nôtres" (Raymond Montégut).
La demande d'homologation en tant que «Déporté politique» présentée par sa mère a été refusée.

Sources

  • Charles Désirat, déporté, ancien dirigeant du Secours populaire. « Pour reprendre le combat, Nous nous sommes évadés de Compiègne, le 22 juin 1942». Page 17. Editions du Secours Populaire Français.
  • « Arbeit macht frei », Raymond Montégut, 45892. Ed. Du Paroi 1973.
  • Avis de décès recueilli par André Montagne, avril 1992.
  • Témoignages de Raymond Montégut, Georges Dudal, Georges Marin.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages :«Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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