L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HEBRAND Marcel




45657

Marcel Herbrand (surnommé « chocolat ») est né le 21 mai 1906 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle), où il habite au moment de son arrestation. Il s’est marié avec Marie Godard. Ils ont un enfant.
Marcel Herbrand est monteur en fer à l'entreprise Pérignon de Villerupt.
Il est membre du Parti communiste.
A l’Occupation, il est membre du Front National le 15 mars 1941(source Mairie).

Marcel Herbrand est arrêté le 21 février 1942, par des policiers allemands et français, dans le cadre de la prise d’otages qui suit dans tout le département (Auboué, Audun, Longwy, Jarny, Homécourt, Valleroy, Villerupt) le sabotage du transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).
Amilcare Casagrande et Richard Girardi de Villerupt sont arrêtés le même jour. Marcel Herbrand est interné au camp d’Ecrouves le 6 mars. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne dans la première quinzaine de mars 1942 en vue de sa déportation comme otage.

Marcel Herbrand est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45657.
Marcel Herbrand meurt à l’infirmerie Auschwitz le 19 septembre 1942 à 15 heures d’après l’acte de décès (25 octobre1946) établi à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (N°155). Sur les dates de décès, lire l’article du blog dans « articles historique ».
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Il a été déclaré "Mort pour la France".
Son nom figure sur le monument aux morts de Villerupt et sur une plaque apposée sur le mur du four crématoire du camp de concentration de Thil, voisin de Villerupt.

Sources
- Documents envoyés par M. Alain Casoni, maire et conseiller général de Villerupt (avril 1989) : acte de décès et documents concernant les déportés de Villerupt, fournis par M. Henry Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1991.
- Martyrologie de la déportation à Villerupt, feuilles communiquées par Mme Marie-Louise Bernard, fille de Louis Gangloff
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
- Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz ( N°155).

Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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