L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GUEPRATTE Eugène


45631

Eugène Guepratte est né le 18 août 1906 à Ludres (Meurthe-et-Moselle). Il est le fils de Marie Rodriche et de Joseph, Désiré Guepratte. Il habite 108 rue du Bouchot à Chaligny (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. 
Il est ouvrier carrier, mineur. 
Il se marie avec Germaine, Adélaïde, Ernestine,  Picard. Le couple a six enfants.
Eugène Guepratte est arrêté le 6 juillet 1941, par la police allemande, selon le témoignage de son fils Robert. (Clément Coudert qui habite Chaligny est arrêté le 21 juin 1941).
Eugène Guepratte, probablement écroué à la prison Charles III à Nancy comme de nombreux autres militants dans cette période - dont Clément Coudert - est remis aux autorités allemandes à leur demande. 
Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne sous le numéro 1323 ce qui correspond à la date 18 juillet 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Eugène Guepratte est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Entrée du camp d'Auschwitz
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz est désormais connu. Il ne figure pas  dans la liste par matricules du convoi, établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Mais en recoupant les quatre listes alphabétiques successives, j’avais émis l'hypothèse que la photo du déporté immatriculé à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45633" était celle d’Eugène Guepratte. Celle-ci, publié sur le blog avec les réserves d’usage a été identifiée par son fils Robert Guepratte, à l'initiative de son arrière petit-fils, Florian Roux.
Eugène Guepratte meurt à Auschwitz le 21 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 2 page 409). Dans les années d’après-guerre, le ministère des ACVG avait fixé la date de son décès à celle fictive du 15 septembre 1942 (à la Libération, l’état civil français a fixé des dates de décès fictives à partir de témoignages de rescapés, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés). Voir l’article : Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Eugène Guepratte a été déclaré "Mort pour la France". Il est homologué « Déporté politique » en 1956. La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 31 mars 1994 paru au Journal Officiel du 17 mai 1994). Cet arrêté porte la mention  décédé le 15 septembre 1942 à Auschwitz. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès d'Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau). Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Une rue nouvelle de Chaligny porte son nom (délibération du conseil municipal du 26 mai 2010).

Sources
  • Mairie de Chaligny. Acte de décès (daté du 26 juillet 1946).
  • Témoignage de Clément Coudert recueilli par Roger Arnould.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Courriel de Mme Fabienne Caillet concernant la plaque de rue (octobre 2010).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb (Stéphanie Demangel ett Bernard Legendre).
  • © Courriel de son arrière petit-fils, Florian Roux (mai 2012)
Biographie rédigée en juin 1997 (modifiée en mai 2012) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages: « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), et de « Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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