L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GIRARDI Richard








Rescapé
45607

Richard Girardi est né le 25 février 1921 à Turin (Italie). Il est naturalisé en 1938.
Il habite au 53 rue Pasteur à Villerupt-Cantebonne (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. Il est célibataire. Ajusteur-mécanicien.
Il n'est membre d'aucun parti, mais il a participé à la grève du 30 novembre 1938 massivement suivie dans son usine où il est délégué syndical CGT : Richard Girardi pense que c'est la direction de l'entreprise qui a fourni son nom à la Préfecture, après le sabotage du transformateur d'Auboué : tous les militants arrêtés en février avaient participé à cette grève.

Le 21 février 1942, des policiers allemands et français l'arrêtent à son domicile, dans le cadre de la prise d’otages qui suit dans tout le département (Auboué, Audun, Longwy, Jarny, Homécourt, Valleroy, Villerupt) le sabotage du transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).
Richard Girardi est emprisonné pendant 30 heures à la maison d'arrêt de Longwy, passe quelques heures par la prison Charles III de Nancy. Il passe dix jours au camp d'Ecrouves, près de Toul. Le 5 mars 1942, avec Maurice Ostorero et Germain Pierron (lettre du 10 novembre 1972), il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Richard Girardi est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45607. Richard Girardi est affecté à Birkenau aux Kommandos Terrasse et Béton Colonne. Il est au Block 11 pendant la quarantaine.
Le 7 septembre 1944 il est transféré à Gross.Rosen où il porterait le matricule 41141 (incertain).
Puis, nouveau transfert, le 10 février 1945 pour Leitméritz (Kommando de Flossenbürg), en wagons à marchandises découverts, par grand froid. Il y est interné jusqu'au 8 mai. Les survivants reçoivent un laissez-passer frappé de la croix gammée. Richard Girardi raconte « Deux SS nous ont conduits sur une route en dehors de la ville (c’était le 8 mai) à quelques kilomètres. Puis ils nous ont dit de continuer seuls. Les deux SS ont fait demi-tour. Après avoir marché deux ou trois kilomètres nous avons entendu des coups de mitraillettes, et au loin (vu) déboucher un tank russe, avec beaucoup de soldats. C’était fini ».
Richard Girardi est hébergé par des cultivateurs, jusqu'à ce qu'un camion américain le conduise à l'hôpital de Halle, où il est soigné durant cinq semaines.
Un avion US le ramène au Bourget, le 17 juin 1945. Dernière étape : l'hôtel Lutétia, pour 3 jours avant de regagner la Lorraine.
Richard Girardi a été Homologué « Déporté politique » en 1953.
Adhérent à la FNDIRP dès sa création, Il a été très longtemps trésorier de la section locale d’Audun-le-Tiche.
Il s’est marié, a été père d’un enfant.

Sources

  • Richard Girardi a donné à Roger Arnould en 1973 une liste des déportés de Meurthe-et-Moselle et communiqué de nombreux documents à la FNDIRP (Carte de Compiègne. Laissez-passer SS daté du 8 mai 1945, attestation de la Légation française à Prague pour demande de rapatriement (22 mai). Fiche de contrôle du rapatriement daté du Bourget).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Val de Fontenay, novembre 1993.
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Richard Girardi en 1989.
  • Documents envoyés par M. Alain Casoni, maire et conseiller général de Villerupt (avril 1989) : acte de décès et documents concernant les déportés de Villerupt, fournis par M. Henry Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1991.
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: