L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GETTI René




45598

René Getti est né le 25 novembre 1912 à Longlaville (Meurthe-et-Moselle), où il habite au 1 rue de la Ville au moment de son arrestation.
D'origine italienne, il est naturalisé Français.
Il est marié, exerce la profession de comptable.


Emblème des brigades internationales

Communiste, il s'engage en Espagne dans les Brigades internationales (témoignage d'Eugène Charles). René Getti, blessé pendant la guerre d’Espagne à la bataille du Jarama (du 6 au 27 février 1937), il est hospitalisé au Val de Grâce où son frère est allé le rechercher. Il ne s’est jamais complètement remis de ses blessures.

René Getti est actif dans la clandestinité durant l'Occupation.
Il est arrêté le 9 août 1941, à Longlaville, par la police française, en raison de ses activités politiques connues.
Il est incarcéré à la prison Charles III de Nancy. René Getti est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

René Getti est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45598.
René Getti meurt le 19 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 2 page 346). Un nombre très important de déportés d’Auschwitz (dont 148 «45000») sont déclarés morts à ces mêmes dates à l’état civil d’Auschwitz : il est vraisemblable qu’il sont morts dans les chambres à gaz de Birkenau, gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée sans doute dans les blocks d’infirmerie.
D'après Henri Peiffer, "sélectionné" à la suite d'un oedème, il fait partie du groupe qui chante la Marseillaise dans le camion qui le conduit à la chambre à gaz.
Il a été déclaré "Mort pour la France".

Sources
  • Souvenirs d'Henri Peiffer (45956) de Villerupt et d'Eugène Charles (45354).
  • M. Fabrizy, FNDIRP (mai 1991).
  • "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle " (Jean Claude et Yves Magrinelli) page 347.
  • «Death Books from Auschwitz», Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Paris 1995 (basés essentiellement sur les certificats de décès, datés du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, relatifs aux détenus immatriculés au camp d'Auschwitz. Ces registres sont malheureusement fragmentaires.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz.
  • Courriels de Pascale Jacquin, sa petite nièce (août-septembre 2010).
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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