L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GANGLOFF Louis





Matricule "45569" à Auschwitz


Louis Gangloff est né le 11 avril 1897 à Kerprich-les-Dieuze en Moselle occupée. Il est le fils de Marie Rose Durant et de Louis Gangloff son époux. Il habite au 25 rue du Maréchal Joffre à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Conscrit de la classe 1917, Louis Gangloff, mosellan, est mobilisé dans l’armée allemande le 19 juin 1917 au 570ème régiment d’artillerie de barrage, comme 2ème canonnier. Il est fait prisonnier par l’armée anglaise. Il est emprisonné en Angleterre, puis en France. Ses états de service dans l’armée allemande sont comptabilisés jusqu’au 10 janvier 1919, date à laquelle il est vraisemblablement libéré.
Son registre matricule militaire indique qu’il habite à Hayange (Moselle) au moment de l’établissement du livret matricule français, et qu’il exerce le métier d’ouvrier machiniste.
Alsacien-Lorrain réintégré de plein droit dans la nationalité française (article 1er de la section V du traité de Paix de Versailles), il est classé « service auxiliaire » par l’armée française.
En avril 1922, il habite en Belgique à Aisseau (commune de Charleroi) au 219 rue Saint-Roch
Il s’est marié avec Anna, Georgina, Marie Doucet, ménagère. Ils ont deux filles, Marie-Louise et Marie-Rose (père de famille de deux enfants vivants, l’armée le rattache à la classe 1913 en mai 1935).
En 1933, la commission de réforme de Strasbourg le classe en invalidité à 20% pour « sclérose légère du sommet droit. Très léger souffle à la pointe du cœur. Névralgie sciatique ».
Les aciéries Micheville à Villerupt
En mai 1935, la famille Gangloff habite au 26 rue Carnot à Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Louis Gangloff est pontier aux aciéries Micheville de Villerupt (le métier de pontier consiste à soulever et déplacer des charges, souvent très lourdes et volumineuses, d’un point à l’autre à l’aide d’un engin mécanisé, le « pont roulant »).

Le 20 mai 1940, Louis Gangloff est domicilié cités des fonderies à Foug ((Meurthe-et-Moselle). Il habite au 25 rue du Maréchal Joffre à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Louis Gangloff est arrêté le 10 août 1941, à son domicile, par des policiers français du commissariat de Villerupt, "sur dénonciation pour activités antinazie" (Henry Pilarczyk), en même temps que Victor Bieber, Henri Peiffer et Marcel Durand. Il est écroué à la prison Charles III de Nancy.
Louis Gangloff est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 12 août 1941 (Henri Peiffer) au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.
Louis Gangloff est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Gangloff est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45569".
Le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Louis Gangloff meurt à Auschwitz le 30 octobre 1942 d’après les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, le ministère des ACVG n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé le décès au 15 octobre 1942 à Auschwitz. Sur les dates de décès, lire l’article du blog Les dates de décès à AuschwitzLe titre de « Déporté politique » lui a été attribué.
Il a été déclaré "Mort pour la France".

Son nom figure sur le monument aux morts de Villerupt et sur une plaque apposée sur le mur du four crématoire du camp de concentration de Thil, voisin de Villerupt.
Hommage lui a été rendu comme à tous les déportés de Villerupt à la Libération.

Sources

  • Documents fournis par ses filles, Marie-Louise Bernard et Marie-Rose Morizot, (brochure sur l'historique du crématoire de Thil (camp à 4 km de Villerupt), où le nom des déportés de la région est honoré).
  • Martyrologie de la déportation à Villerupt, feuilles communiquées par Mme Marie-Louise Bernard, fille de Louis Gangloff
  • Documents envoyés par M. Alain Casoni, maire et conseiller général de Villerupt (avril 1989) : acte de décès et documents concernant les déportés de Villerupt, fournis par M. Henry Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1991, ainsi qu’une photo d’avant guerre (juin 1989).
  • Numéro matricule confirmé par identification entre la photo d’immatriculation à Auschwitz et une photo d’avant-guerre.
  • © Etat civil et Registres matricules militaires de Moselle.
Biographie rédigée en juin 1997 (complétée en 2016) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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