L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DURAND Marcel Alexandre




45514

Marcel Durand est né le 23 septembre 1908 à Bellechaume (Yonne). Il habite au 103 rue Jean Rerman à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. Il s’est marié avec Marie Petitclair. Ils ont des enfants en bas âge.
Marcel Durand est machiniste aux aciéries Micheville de Villerupt.
Il est syndiqué à la CGT « vente de timbres et diffusion des journaux » indique un de ses enfants.

Marcel Durand est arrêté le 10 août 1941, à son domicile, par des policiers français du commissariat de Villerupt, "sur dénonciation pour diffusion de tracts" (Henry Pilarczyk), en même temps que Victor Bieber, Henri Peiffer et Louis Gangloff. "Sa femme ayant des jeunes enfants n'avait pu le voir au commissariat. Le lendemain, il n'était déjà plus là » (Henri Peiffer ).
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 12 août 1941 (Henri Peiffer) au camp de Royallieu à Compiègne. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.

Marcel Durand est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Marcel Durand est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45514.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, le ministère des ACVG a fixé le décès au 15 novembre 1942. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

Marcel Durand a été déclaré "Mort pour la France".
Son nom figure sur le monument aux morts de Villerupt et sur une plaque apposée sur le mur du four crématoire du camp de concentration de Thil, voisin de Villerupt.

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par un de ses enfants (1989).
  • Documents envoyés par M. Alain Casoni, maire et conseiller général de Villerupt (avril 1989) : acte de décès et documents concernant les déportés de Villerupt, fournis par M. Henry Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1991.
  • Martyrologie de la déportation à Villerupt, feuilles communiquées par Mme Marie-Louise Bernard, fille de Louis Gangloff
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
Biographie rédigée en juin 1997, complétée en juin 2011 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

Aucun commentaire: