L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DAUTREAUX Arsène





Arsène Dautréaux est né le 12 décembre 1901 à Tourcoing (Nord). Il habite 3 rue Clémenceau à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Arsène Dautréaux est le fils d’Angèle, Louise Thallein ou Hallein et d’Henri, Alphonse Dautréaux son époux. Conscrit de la classe 1921, il est incorporé au 11ème régiment d’aviation de bombardement stationné à Metz. Durant son service (loi du 1er avril 1923) la durée légale passe de 3 ans à 18 mois. Il est libéré au bout de 25 mois d’armée.
Le 18 août 1923 il épouse Maria Legrand à Hamon (Nord). Le coupole aura trois enfants, nés en 1924, 1928 et 1930.
Arsène Dautréaux est ouvrier métallurgiste dans le Nord de 1925 à 1927. De 1927 à 1934 il est employé à l'Usine Sacilor d'Auboué (ouvrier métallurgiste à la Marine d’Homécourt).
Amené à choisir entre son métier de sidérurgiste et ses activités syndicales, il quitte l’usine d’Homécourt en 1934 : il travaille à la « Maison du Vin » d’Auboué de 1934 à 1941.
Arsène Dautréaux est adhérent du Parti Socialiste SFIO. Il est secrétaire du Syndicat confédéré des Métaux en 1935, et participe à la création des syndicats CGT de la division d’Auboué et de la Solpa (conserverie) à Homécourt en juin 1936.
Arsène Dautréaux est également à l'origine du « syndicat du Bâtiment d’Homécourt et environs » en 1936. Il est trésorier de l'Union locale de Joeuf-Homécourt à sa création (1937).
Dans le même temps, il appartient au Comité antifasciste de Joeuf-Homécourt, et il est le vice-président de la Section locale de la Ligue des Droits de l'Homme.
Arsène Dautréaux est arrêté le 20 février 1942, à 6 heures du matin, par deux gendarmes français et deux gendarmes allemands, comme otage, après le sabotage du transformateur d'Auboué, en même temps qu'Auguste Dubois, Dino Tamani, et R. Steinmetz, qui sera relâché. Lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942.Arsène Dautréaux est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Arsène Dautréaux est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Le numéro d’immatriculation d’Arsène Dautréaux à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 45429 » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.
© Dessin de Franz Reisz, 1946
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Arsène Dautréaux meurt à Auschwitz le 22 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 214). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Il reçoit la Croix de Guerre avec palme, la Médaille de la Résistance et la Médaille Militaire, à titre posthume. (Journal officiel du 6 décembre 1958 "Magnifique patriote, arrêté pour faits de Résistance").

Sources

  • Documents fournis par le gendre d'Arsène Dautréaux, Raymond Falsetti (mars 1990) : Attestation d'arrestation délivrée en décembre 1947, Récit du sabotage d'Auboué (Journal daté du 8 février 1988),
  • Chronique des années 36/38, Roger Martinois (page 12).
  • © Photos tirée du même ouvrage.
  • M. Jean Pierre Minella, maire d'Homécourt (9 mars 1989).
  • Charles Dallavalle, ancien résistant (1972).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P) (N°32327) (N° 82).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Et Tome 24, page 104
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
  • © Archives en ligne : Registres matricules militaires du Nord.
Biographie rédigée en juin 1997, complétée en 2015, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.  Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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