L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CZAPLA Stanislas



Matricule "45416" à Auschwitz

Stanislas Czapla est né le 3 décembre 1899 à Celiny (Pologne, région de Lublin). Il habite au 29 rue Victor Hugo à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. Cette rue des cités de la Grande-Fin est l’une des trois artères dans laquelle la famille Sépulchre fait construire à partir de 1902 des logements pour les ouvriers de son usine sidérurgique. Les ouvriers italiens y sont majoritaires. 
Stanislas Czapla est marié avec Amélia Pieta (né en 1897 à Matysnice, Pologne). Le couple n'a pas d'enfant. 
Il est un « nationaliste polonais farouchement antinazi », selon Charles Dallavalle
En 1936, Stanislas Czapla travaille comme manœuvre chez "Marine", complexe sidérurgique (c'est la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécour). (Recensement de 1936). Selon sa fiche au DAVCC, il travaille à la mine au « Puits du Fond de la Noue » à Homécourt au moment de son arrestation (ce qui ne signifie pas qu'il soit mineur). 
Fin juin 1940, La Meurthe-et-Moselle est occupée : elles est avec la Meuse et les Vosges dans la zone réservée allant des Ardennes à la Franche-Comté.

La résistance communiste est particulièrement active dans le « Pays-Haut » (in Magrinelli, Op. cité pages 229 à 251). A Homécourt la Préfecture recense 1 sabotage de voie ferrée et 3 sabotages de freins de wagons, à Auboué commune voisine de deux kilomètres : 2 sabotages de lignes téléphoniques, 2 sabotages d’installations industrielles, 3 sabotages de voies ferrées.
Le sabotage du transformateur d’Auboué, entraîne une très lourde répression en Meuthe et Moselle. Lire dans le blog : Meurthe et Moselle Le sabotage du transformateur électrique d'Auboué (février 1942). Speidel à l’Etat major du MBF annonce qu’il y aura 20 otages fusillés et 50 déportations. 
Arrêté à la mine le 2 mars 1942, Stanislaw Czapla est pris en otage, avec Wladyslaw Bigos, Boleslaw Ferenc, Jean Trzeciak et Victor Ziemkiewicz, tous polonais et travaillant dans la même mine, après le sabotage du transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942
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Stanislas Czapla est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Stanislas Czapla est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45416".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Liste des déportés français ayant reçu des médicaments au Revier de Birkenau.
Relevé effectué par André Montagne, rescapé 
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Mais on sait qu'il est admis à l'infirmerie de Birkenau le 2 novembre 1942, à la Stube 5 du Revier. Les médicaments y sont insuffisants en quantité et en qualité : « Schmerztabletten », aspirine, pyramidon, pastilles pectorales, charbon et tanin pour les prisonniers atteints de diarrhée de la faim. Le registre mentionne qu’il reçoit un comprimé de charbon. Le 10 novembre, le registre du Block 7, indique qu’il reçoit un comprimé d’aspirine.
Au fichier national du Bureau de la division des archives des victimes des conflits contemporains, il est indiqué comme étant mort à Auschwitz : rares sont les "45.000" qui sont sortis vivants du Revier. Toutefois son nom figure sur le monument aux morts d'Oranienbourg-Sachsenhausen... L’arrêté du 26 juillet 2011 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur ses actes et jugements déclaratifs de décès (Czapla Stanislas, né le 3 décembre 1899 à Celiny (Pologne), le mentionne bien décédé à Auschwitz (Pologne) mais la date "le 30 juin 1942" est manifestement erronée. Le DAVCC possède pourtant les listes de déportés présents à l'infirmerie en novembre 1942... et peut les obtenir du Musée d'Auschwitz.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué, certificat délivré à sa veuve, Amélia.

Sources
  • Témoignage de Jacques Jung, d’Homécourt, rescapé du convoi.
  • Dossiers des 45000 d’Homécourt arrêtés en même temps.
  • M. Jean Pierre Minella, maire d'Homécourt (9 mars 1989).
  • Témoignages de Charles Dallavalle, ouvrier sidérurgiste aux usines Marine Wendel d’Homécourt avant guerre et Résistant (1972).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen, octobre 1993.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 15.07.1943. (BAVCC - Caen).
  • Recensement de 1936 à Homécourt.
Affiche de la conférence du 5 juillet 1997
salle Pablo Picasso à Homécourt
Notice biographique  rédigée en 1997 (modifiée en  2001, 2016 et 2018),  pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteure des ouvrages  : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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