L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CLAUS Marcel



45372

Rescapé



Marcel Claus est né le 8 octobre 1917 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) rue de l'équitation. Il est le fils de Georgette, Marie Pierrard, 30 ans et de Georges, André Claus, 32 ans, margeur, son époux.
Marcel Claus habite au 20, rue Courtrot de Cissey à Nancy, au moment de son arrestation.
Il est imprimeur de profession, célibataire au moment de son arrestation (il épouse Cécile Abel le 27 avril 1967 à Tomblaine).
Son arrestation, le 2 avril 1941, aboutit à une condamnation à 3 ans de prison pour vols qualifiés (cambriolages dans la région de Nancy), qu'il subit à Clairvaux, Melun et Fresnes.
C'est là que, le 16 décembre 1941, il est extrait des locaux de la prison, et interné administrativement comme "indésirable" au Dépôt de la Préfecture (en vertu du décret du 18 novembre 1939 et de la Loi du 3 septembre 1940) puis au centre de séjour surveillé des Tourelles, une ancienne désaffectée.
Le 5 mai 1942, Marcel Claus est transféré au camp allemand de Compiègne (Fronstalag 122),  en exécution d'instructions des autorités allemandes. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Marcel Claus est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Jean Quadri a raconté comment, après avoir avec plusieurs camarades réussi à percer un passage dans le plancher du wagon avec des lames de ressorts des leurs sommiers à Compiègne, Marcel Claus le plus mince d’entre eux se faufile sur la voie en gare de Metz. Mais hélas, il est repéré, comme Jean Antoine Corticchiato et ramené par les sentinelles allemandes dans le wagon de queue du convoi. Lire dans le blog Les évadés du train du 6 juillet 1942.
Marcel Claus est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45420» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
A Auschwitz, affecté au Block 23, il travaille au kommando Imprimerie. Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11.Marcel Claus est transféré à Mauthausen le 21 janvier 1945 (sous le matricule 116 621). Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants". Il est libéré le 19 mai 1945.
Henri Peiffer et René Besse l'ont vu à Nancy après la libération.
Marcel Claus meurt à Nancy le 7 avril 1973.

Sources
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (1992).
  • Témoignages d'Henri Peiffer et de Jean Pollo (cassette audio du 15 février 1991.
  • Archives de la préfecture de police de Paris, BA1837.
  • Etat-civil de la Mairie de Nancy (mars 1994).
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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