L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHARTON Paul



Matricule 45347 à Auschwitz

Paul Charton est né le 6 octobre 1912 à St Amour (Jura). Il habite au 58 rue de Nuits St Georges à Dijon (Côte d’Or) au moment de son arrestation.
Paul Charton est cheminot : métallurgiste au dépôt du Chemin de Fer (PLM). Communiste ardent, « un pur », dit Gabriel Lejard.
Il est syndicaliste. Sportif, il pratiquait le cyclisme à la F.s.g.t.
A l'Occupation, il entre dans la Résistance et participe au sabotage du poste d'aiguillage de Perrigny n°2, entraînant le déraillement d’un train.
Paul Charton est arrêté le 23 juin (le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom "d’Aktion Theoderich", les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française,», plus de mille communistes.
D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Paul Charton y reçoit le numéro matricule "1497" (ou 1097 s’il s’agit erreur de transcription, compte tenu du numéro "1096" de son camarade Louis Chaussard).
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog :Les wagons de la Déportation
Paul Charton est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Paul Charton est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45347 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.  
A Auschwitz-I, il est au kommando de la Sablière et au même Block que Gabriel Lejard et Pierre Longhi, partageant « la même planche de 80 cm de large ».
Sélectionné pour la chambre à gaz en août 1942 « parce qu'il avait la cheville enflée », il est, jusqu'au bout, contraint au travail. Il croise son camarade Lejard « à la corvée de déchargement des pavés » et lui lance un morceau de pain, donné par un Polonais : « Il n'en avait plus besoin, commente Gabriel Lejard. Il savait qu'il irait à la chambre à gaz dans la journée »
Paul Charton meurt à Auschwitz le 13 octobre 1942 d’après les registres du camp (la date officielle de sa disparition retenue par les ACVG est celle du premier septembre 1942).
Son nom a été donné à un gymnase de Dijon.

Sources

  • Ecrits et cassette de Gabriel Lejard et interventions lors de meetings.
  • Archives de Dijon : lettre de Mme Degroise, conservateur (sept. 1991).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en février 1998 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), qui reproduit ma thèse de doctorat (1995).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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