L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CAVALLI Amedeo



Amadeo Cavalli (DR famille)








Hommage PCF Homécourt
Matricule "46227" à Auschwitz

Amadéo Cavalli est né le 25 juin 1899 à Valstagna (Italie). Il habite au 227, rue Léon Molinos à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Il est marié, père de cinq enfants
Amadéo Cavalli est mineur aux mines du Fond de la Noue d’Homécourt.
Militant du Parti communiste, il organise (ou participe à) des collectes pour les Brigades Internationales en Espagne. Selon Charles Dallavalle, il avait rejoint les Brigades Internationales. Mais après vérifications, il s'agit de son frère Giovani.

Pendant l'occupation, il participe "à la Résistance organisée par le Parti communiste"(Ib)
Le 7 février 1942, il est arrêté par des policiers français et allemands, à la suite du sabotage du transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942). Il est incarcéré à la prison de Briey, puis à la prison Charles III de Nancy. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage. 
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Amadéo Cavalli est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Amadéo Cavalli est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46227".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date du décès Amadéo Cavalli à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l'état civil français a fixé la date de son décès entre le 6 juillet 1942 et le 4 juillet 1943.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué (N° 111 902 875) le 8 novembre 1952.

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Danièle, fille d’Amadéo Cavalli, (25 janvier 1989). Agée de 3 ans au moment de l'arrestation, elle a rassemblé ce qu'elle a pu retrouver pour aider à reconstituer l'itinéraire de son père.
  • M. Jean Pierre Minella, maire d'Homécourt (9 mars 1989).
  • Charles Dallavalle, ancien résistant (témoignages de 1972).
  • Le sabotage du transformateur d'Auboué, dossier dans les Archives allemandes Avak page 175)
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Photo d'Amadéo Cavalli in "Mémoire vive" bulletin N° 40.
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: