L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CASAGRANDE Amilcare, Eugénio




Matricule "453382" à Auschwitz

Amilcare Casagrande est né le 12 juillet 1898 à Cison di Valmarino (province de Trévise, Italie). Il est de nationalité française. Il habite au 22 rue Saint-Ernest à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. Il s’est marié avec Jeanne Hoffmann.
Il est ajusteur aux aciéries Micheville de Villerupt.
Amilcare Casagrande est syndiqué à la CGT et membre du Parti communiste.
Les aciéries de Villerupt
Il est arrêté le 22 février 1942, par la Feldgendarmerie, dans le cadre de la prise d’otages qui suit dans tout le département (Auboué, Audun, Longwy, Jarny, Homécourt, Valleroy, Villerupt) le sabotage du transformateur d'Auboué. Lire dans le blog Le sabotage du transformateur électrique d'Auboué

Amilcare Casagrande est d'abord incarcéré à la prison de Longwy, puis à celle de Charles III à Nancy. Il est interné au camp d'Ecrouves le 25 février. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent début mars 1942 au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Amilcare Casagrande est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "453382".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz (1) a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.  Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Amilcare Casagrande meurt à Auschwitz le 28 septembre 1942 d’après la liste par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp. Dans les années d’après-guerre, le ministère des ACVG a fixé le décès à "fin juillet 1942", mention qui figurait toujours dans l’arrêté paru au JO du 5 octobre 1987 (mort en déportation). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Amilcare Casagrande a été déclaré "Mort pour la France".
Son nom figure sur le monument aux morts de Villerupt et sur une plaque apposée sur le mur du four crématoire du camp de concentration de Thil, voisin de Villerupt.
  • Note 1 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, alors vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 

Sources
  • Démarches de M. Alain Casoni, maire et conseiller général de Villerupt (avril 1989)
  • Acte de décès (Mairie de Villerupt, 1989).
  • Documents concernant les déportés de Villerupt, envoi de M. Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1991.
  • "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle " (Jean Claude et Yves Magrinelli) page 346.
  • Martyrologie de la déportation à Villerupt, feuilles communiquées par Mme Marie-Louise Bernard, fille de Louis Gangloff
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen 1992.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Les aciéries de Villerupt (collection M. Firsch).
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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