L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CARATTONI Joseph

Joseph Carattoni en cyclo touriste (DR)



45328

Giuseppe, Joseph Carattoni est né le 10 juin 1915 à San Marino (République de San Marino). Il habite au 78 avenue Georges Poincaré à Longwy-Gouraincourt au moment de son arrestation (la cité dite de Gouraincourt fut construite pour loger le personnel des usines sidérurgiques propriété intégrale de la société Usinor jusqu’en 1973).
Il travaille aux faïenceries de Longwy. Il participe à des courses cyclistes (1) et est adepte du cyclo tourisme. Joseph Carattoni est naturalisé le 2 avril 1940.
Aux débuts de l’Occupation, il s’engage dans une formation de Résistance. Dans son dossier aux BAVCC figure un certificat FFI-FTP pour la période du Premier mars 1941 jusqu'à son arrestation. Il est y est mentionné "chef de groupe" (grade de sergent FFI) le 15 mars 1941. « arrêté pour avoir participé effectivement à la diffusion de tracts et journaux anti nazis dans les usines de Chers, Rahon et Longwy ».
Joseph Carattoni est arrêté le 8 novembre 1941, écroué à la prison Charles II de Nancy. 

Il est interné le 12 novembre 1941 au camp d’Ecrouves.
Rapport du commissaire de police de Briey, le 15 avril 1942 : « auteur de diffusion de tracts communistes au cours de l’année 1941, il avait été la même année le réorganisateur du PC dans la région, et qu’il avait fourni des tracts pour être répandus dans le secteur. Ce sujet, procédure spéciale de la gendarmerie de mont St Martin les 3 et 11 février 1941 (PV N° 71 et 94). Le 19 novembre à la suite d’une information instruite contre lui, il a fait l’objet s’un arrêté d’internement du préfet de Meurthe et Moselle et écroué le 12 au camp d’Ecrouves. Carattoni Guiseppe étant connu pour être un communiste notoire, dangereux au point de vue national et politique pour notre pays, je propose que la nationalité française lui soit retirée ». Le décret de déchéance de nationalité française de Guiseppe Carattoni est daté du 20 août 1942 (J.O. du 27 août 1942).
Joseph Carattoni est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122). 

Au camp de Compiègne, il est vraisemblablement dans la même baraque que Raymond Montégut qui le cite dans son livre de souvenirs "Arbeit Macht Frei" (page 17). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages
Joseph Carattoni est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45328.
Joseph Carattoni meurt à Auschwitz le 31 décembre 1942 selon les recherches effectuées par les historiens polonais d’Auschwitz.

Joseph Carattoni le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué le 13 février 1954. Il a été homologué au grade de sergent FFI.
Note 1 . Les mouvements antifascistes de l’immigration italienne nés dès le milieu des années 20, s'affirment complètement sous le Front populaire et la volonté d'intégration d'une majorité des immigrés vont affaiblir les effets de la propagande fasciste mise en place par le « fascio » de Briey. Le sport cycliste est un des principaux sports investis par l'immigration italienne. In « Immigration et intégration par le Sport - Le cas des immigrés italiens du bassin De Briey (fin du XIXe siècle - début des années 40) » par Jean-Pierre Favero, professeur agrégé d'EPS, docteur en histoire contemporaine.


Sources
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Il est mentionné par Raymond Montégut dans son livre « Arbeit Macht Frei ».
  • Eléments biographiques communiqués par M. Fabrisy (FNDIRP) 1990.
  • La photo de Joseph Carattoni à vélo a été transmise par la fille de Louis Gangloff, 45569 de Villerupt, Mme Marie-Louise Bernard. Elle a servi a l’impression d’une page de la plaquette éditée par la FNDIRP de Meurthe et Moselle.
Biographie rédigée en juin 1997 et modifiée en avril 2011, par Claudine Cardon-Hamet, (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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