L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BRUNET Louis, Edmé, Daniel


45308

Rescapé

Louis Brunet, dit "La Biche", est né à Fontainebleau (Seine-et-Marne) le 7 avril 1907. Il est le fils de Henriette Moulin et d'Eugène Brunet son époux.

Il habite au 6 rue Solférino à Boulogne-Billancourt (Seine / Hauts-de-Seine) puis dans les HBM du 36 bis avenue des Moulineaux au moment de son arrestation. 
Il effectue son service militaire en 1927 comme ouvrier d'artillerie.
Il épouse Hélène Lainé le 16 janvier 1932 à Boulogne.
Louis Brunet travaille comme polisseur aux Usines Renault. Il est membre du Parti communiste. 
Au début de 1936, il signe un engagement de 3 ans, mais est réformé le 2 avril 1936.
Il se remarie avec Germaine Saint-Paul le 30 octobre 1937. Il est fraiseur chez Farman.
Pendant la guerre, il est mobilisé au 414ème régiment d'artillerie (défense contre avions) au camp de Fontaine (puy de Dôme) avec le grade de Maréchal des Logis du 15 mars au 10 août 1940. Démobilisé, il n'a plus son travail chez Farman. Le 10 octobre 1940, il est embauché comme menuisier aux studios de Billancourt (50 quai du Point du Jour). Il est arrêté le même jour pour diffusion de tracts anti-allemands. Il est libéré "les charges contre lui étant minimes". 
Il est arrêté le 26 octobre 1940, (comme communiste selon Maurice Courteaux, qui partagera son sort en déportation) en application du décret du 18 novembre 1939.
Il est interné à Aincourt, puis au Camp de Rouillé, Louis Brunet est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 22 mai 1942, en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Brunet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 


Louis Brunet est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45308. 
Il est affecté au Block 22 A. Maurice Courteau est affecté au kommando Menuiserie, qui dépend de la DAW (Deutsche Ausrüstungswerke). Il y travaille de nuit avec Louis Brunet et René Besse.


Le 21 janvier 1945, il est transféré à Gross-Rosen, puis dirigé sur Hersbrück en février 1945, en wagon découvert, par un temps glacial. Durant le trajet, il se dissimule sous un monceau de cadavres. 
A l'arrivée à Hersbrück, son décès "est officiellement enregistré". En fait, il est le seul survivant de son wagon. Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants".
Libéré à Dachau (matricule 151.864), le 29 avril 1945, il est profondément traumatisé, atteint de tuberculose pulmonaire, il est soigné en sanatorium jusqu'au 17 février 1948. Sa mère écrit le 13 juin 1945 au Ministre pour obtenir l'autorisation de le visiter au sanatorium (HEM 401). Louis Brunet a été porté disparu et sa femme s'est remariée. 
A son retour en France il a le plus grand mal à faire reconnaître son identité. Il est réformé à 100 % et est soigné chez lui jusqu'au 25 juillet 1951. Son mariage est officiellement dissous par divorce,  jugement du 8 mars 1948.
Louis Brunet s'est remarié à St Blasien (Allemagne-Land de Bade), le 5 octobre 1949, avec  Liselotte Bûchs (acte N° 39 du 9 décembre 1950). Au décès de celle-ci, Louis Brunet se retire  dans une maison de retraite à Sucy-en-Brie, demandant parfois une aide vestimentaire à l'Amicale d'Auschwitz.
En 1993 la direction de la Maison de retraite, grâce à l'entremise des services municipaux, n'a pu donner de renseignement sur les dernières années de cette existence douloureuse. 
Louis brunet est mort le 3 mars 1986.
Louis Brunet a été homologué "Déporté politique". Une cellule du PCF a porté son nom à la Libération.


Source
  • Témoignage de Maurice Courteaux, 45407 rescapé du convoi.
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel, relevé Pierre Cardon, mai 2002).
  • Maison de retraite de Sucy-en-Brie (1993).
  • Etat Civil de Fontainebleau (8 mars 1994).
Biographie rédigée en janvier 2001 (en cours de complément 2012) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), qui reproduit ma thèse de doctorat (1995). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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