L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BLAISON ANDRE, JULES

Jules Blaison



Matricule "45257" à Auschwitz

André (dit Jules) Blaison est né le 17 septembre 1901 à Borville (Meurthe et Moselle). 
Il habite rue de la Meurthe à Varangéville ((Meurthe et Moselle) au moment de son arrestation. 
Il est le fils d’Adeline Munier et d’Emile Blaison son époux. Ses parents habitent Roselières.
Jules Blaison est manœuvre au moment du Conseil de révision. Conscrit de la classe 1921, il est exempté par la commission de Réforme en 1921 et 1922 pour « faiblesse ».

Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 74, a les cheveux blond et les yeux bleu, le nez petit, le visage rond. Il possède un niveau d’instruction n° 2 (possède une instruction primaire). 
Il est marié avec Andrée.
Jules Blaison est responsable au sein de la section du Parti communiste. Il diffuse « l’Humanité » et « La voix de l’Est »
A l’Occupation, en septembre 1940, il est embauché comme ouvrier aux usines Solvay à Dombasle.
Le 1er mars 1941 il est nommé par Louis Burtin (qui était secrétaire du syndicat CGT de Solvay avant guerre) au sein d’un groupe volant (grade de 1ere classe secteur G). De mars à juin 1941 Jules Blaison et son équipe récupèrent des armes (secteur de la forêt du Vernois). En juillet 1941, ils sabotent des lignes électriques à Saint-Nicolas-de Port et surtout un câble téléphonique de la Feldkommandantur à Tantonville.
Jules Blaison est arrêté le 2 août 1941 par des Feldgendarmes… Venus en son absence, ils avaient demandé à sa femme de lui dire de passer à la Kommandantur de Varangérille pour « quelques renseignements ». Jules Blaison qui se savait suivi depuis son départ de Rozelieures pour Varangéville décide malgré tout de s’y rendre. 

Interrogé toute la nuit, il est emmené en voiture à la prison Charles III de Nancy par la Gestapo, où il sera écroué une dizaine de jours. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. 
Son épouse, Andrée, est partie à vélo avec une personne de Saint-Nicolas jusqu’à Compiègne, «en espérant les voir, mais nous n’avons pu les apercevoir, même de loin ».
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jules Blaison est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45257.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Jules Blaison meurt à Auschwitz le 9 octobre 1942 d’après les registres du camp. Clément Coudert s’est souvenu qu’il était mort « à l’automne 42 ».
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué.
Il a été déclaré "Mort pour la France".

Sources

  • Témoignage de son épouse Andrée, publié dans le livre « Varangéville, Résistance et répression » édité par la Mairie de Varangéville.
  • Echange de courrier avec René Bourgeois, adjoint au Maire de Varangéville.
  • Michel Pantin, fils de Laurent Pantin (de Varangéville arrêté le même jour)
  • Témoignage de Clément Coudert rescapé 45402, de Neuves Maisons.
  • Certificat des Archives du service international de recherches (Bad Arolsen) envoyé à la demande du Maire de Varangéville (30/8/1993) communiquant la date de décès de Jules Blaison à Auschwitz.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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