L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BALESTRERI Raymond


45194

Surnommé "le joueur d'accordéon", Raymond Balestreri est né le 3 mai 1922, à Auboué.
Il habite à Mercy-le-Bas (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Il est ouvrier.
Adhérent du Parti communiste, Raymond Balestreri est arrêté le 20 février 1942, à son domicile, pris comme otage après le sabotage du transformateur d'Auboué, en même temps que 21 de ses camarades (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942). Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Raymond Balestreri est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Raymond Balestreri est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45194.
Plusieurs rescapés se souviennent de lui avec grande estime. Henri Peiffer a écrit à Maurice Rideau que Raymond Balestreri était des 18 déportés français ramenés de Birkenau à Auschwitz en février 1943 : "Deux camarades avaient flanché pendant la route, qui avaient été traînés, n'avaient plus de genoux. C'est un détail horrible, mais vrai. Le surlendemain, Balestreri, le "joueur d'accordéon", trépassa aussi. Nous restions à 15 sur 585."
En fait Raymond Balestreri meurt à Auschwitz le 27 octobre 1943 d’après la l
iste par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau. Ce que confirme André Montagne qui se souvient de lui jouant "Perles de cristal" et d'autres succès, au Block onze (ajoutant "mais où se l'était-il procuré ?"). Il confirme sa mort de tuberculose pendant sa quarantaine au Block 20 (les ACVG ont retenu la date du 25 octobre 1943).
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.

Sources
  • Lettre d'Henri Peiffer à Maurice Rideau, mars 1983.
  • Conversation avec André Montagne (1990).
  • "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle" (Jean Claude et Yves Magrinelli) page 346.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen (octobre 1993).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • "Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz" (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 150.7.1943.
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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