L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


AUBERTEL Raoul


Raoul Aubertel,© plaquette Saulnes

Raoul Aubertel est né à Dizy-Magenta (Marne) le 13 décembre 1899. Il habite au 7 rue du Buisson à Saulnes (Meurthe et Moselle) au moment de son arrestation.
Il est ouvrier mineur à la mine Jean Raty et Compagnie de Saulnes.

Après l'Occupation, il aide des prisonniers de guerre évadés. « A lui seul, il avait assuré le passage d’une trentaine d’évadés qu’il amenait lui-même, à Longuyon pour éviter les contrôle en gare de Longwy » (In © Saulne.fr).
Raoul Aubertel est arrêté à son domicile par des Feldgendarmen le 17 février 1942, comme otage dans la vague de répression qui suit le plastiquage du Transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).
Raoul Aubertel est écroué à la prison de Longwy, puis interné au camp d'Ecrouves (Toul), d'où il écrit à sa sœur. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. 

Celles-ci l’internent au camp de Royallieu (Frontstalag 122) à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Raoul Aubertel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Dessin de Franz Reisz, 1946 

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro "45182" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.


Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Raoul Aubertel meurt à Auschwitz le 25 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 35.
« En septembre 1942, la famille de Raoul Aubertel est informée - mais sans aucune précision - qu’il était décédé » In © Saulne.fr (1). C'est sa sœur, madame Guelleminot qui apprit cette nouvelle (information mairie, 1994).
Monument d'Epernay
Son nom est inscrit sur le monument en hommage aux déportés et internés de la Marne, à Epernay.
Une voie de Saulnes est nommée "impasse Raoul Aubertel".
  • Note 1 : Il s’agit sans doute d’une erreur dans l’année. En effet les autorités nazies n’ont pas communiqué auprès des familles qui sollicitaient des nouvelles sur les décès à Auschwitz. Par ailleurs, les français survivants au camp d’Auschwitz n’auront le droit d’écrire qu’à partir d’août 1943, et le contenu de leurs lettres est écrit en allemand et soumis à la censure. Quelques-uns d’entre eux réussiront néanmoins à donner des nouvelles de leurs camarades décédés en utilisant par exemple la formule « tu salueras de ma part madame veuve X… » . 
Sources
  • M. Erze Zolfo, maire de Saulnes (avril 1994) : photocopie d'éléments tirés d'une plaquette éditée en 1975 pour le trentième anniversaire de la libération des camps (dont une photo de Raoul Aubertel).
  • "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle" (Jean Claude et Yves Magrinelli) pages 247 et 346.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
  • Hommage aux déportés de la Marne, monument d'Epernay.
  • La Résistance et les martyrs de la Déportation © Saulne.fr.
Biographie rédigée en juin 1997, complétée en 2016, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages :«Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com * Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: