L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ARMAND Louis, Félix

Matricule "46216" à Auschwitz

Louis Armand est né le 7 juillet 1898 à Charleville (Ardennes).
Il habite au 25 rue du Commerce à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.

Louis Armand est le fils d’Elise Baum et de Louis Félix Armand. Ses parents habitent à Hollerich (Grand Duché du Luxembourg).
Machiniste, il est conscrit de la classe 1918, et aurait dû être mobilisé par anticipation (en 1917), comme tous les jeunes hommes de sa classe depuis la déclaration de guerre. Mais il n’a pu être recensé et mobilisé « pour cas de force majeure ». Charleville est en effet occupée par les Allemands dès le 2 septembre 1914 (elle devient capitale du 2ème Reich où Guillaume II s’installe le 16 septembre 1914), jusqu’à la fin du conflit.
Au moment de sa mobilisation, Louis Armand habite 5 rue Pierre de Bar à Joeuf (Meurthe et Moselle), sans doute une pension de famille. Il est incorporé au 91ème Régiment d’infanterie le 20 novembre 1919. Il passe au 79ème RI le 23 février 1920. Il est démobilisé le 20 juin 1920.
11 octobre 1920, il habite 5 rue Pierre de Bar à Joeuf.
En juin 1921, il est au Luxembourg à Rollingergrund.
En février 1923, il habite à nouveau Joeuf au 19 rue grande.
En 1928, il habite 25 rue du commerce à Joeuf.
Lors de la mobilisation générale du 2 septembre 1939, Louis Armand est « affecté spécial » aux Aciéries de la Marne à Homécourt. Il est démobilisé par la brigade de gendarmerie de Joeuf le 10 octobre 1940, où « il se retire ».
Il est machiniste (chemin de fer) à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) sans doute aux Aciéries de la Marne.
Il est marié, père de deux enfants. Il est socialiste.
D'après un certificat établi après la guerre par le liquidateur du mouvement de Résistance "Libération Nord", il hébergeait et nourrissait des prisonniers de guerre évadés et des Lorrains qui fuyaient leur département de la Moselle, annexé par l'Allemagne, et les accompagnaient sur une partie du chemin. 
Louis Armand est arrêté le 1er juillet 1941, enfermé pendant deux semaines à la Prison de Briey, avant d'être relâché. 
Il est arrêté une seconde fois le 7 février 1942 à Homécourt par des gendarmes allemands après le sabotage du transformateur d'Auboué. Lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 194.
Il est interné au camp de Compiègne en mars 1942. 
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Armand est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 19 DIRit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46216". Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Louis Armand entre à l'infirmerie d'Auschwitz le 18 ou le 19 septembre 1942. Il meurt le 19 septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 33). De nombreux déportés d’Auschwitz (dont 148 «45000») sont déclarés morts à ces mêmes dates à l’état civil d’Auschwitz : il est vraisemblable qu’il sont morts dans les chambres à gaz de Birkenau, gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée dans les Blocks d’infirmerie. Son camarade Jung, d'Homécourt, en a témoigné
Il est homologué « Déporté Résistant » le 1er octobre 1955 (certificat de validation n° 34.864, décision ministérielle n° DIR).

Sources
  • Informations recueillies auprès de la mairie de Joeuf (en 1972) par Charles Dallavalle, ouvrier sidérurgiste aux usines Marine Wendel d’Homécout avant guerre, Résistant et déporté.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (N°31892 et N°9).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Photo de wagon à Auschwitz, in Bulletin de l’Amicale des déportés tatoués du convoi du 27 avril 1944.
  • © Musée d'Auschwitz Birkenau. L'entrée du camp d'Auschwitz 1.
  • Registre matricule militaire, archives en ligne des Ardennes.
Biographie rédigée en juin 1997, modifiée en 2012 et 2015, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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