L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TUNESI Emile




Emile Tunesi est né le 16 janvier 1914 à Moineville (Meurthe-et-Moselle).
Il habite à Batilly (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Il est mineur (chargeur) à la mine d'Auboué.
Militant communiste, il est aussi membre du Bureau du Syndicat des mineurs CGT d'Auboué.
Emile Tunesi est licencié le 20 novembre 1938 après la grève du 29 novembre 1938 (il s’agit de la grève générale déclenchée par la CGT. La répression sera brutale : 500 condamnations a des peines de prisons (jusqu'à 18 ans), sanction de fonctionnaires et d'agents de services publics, fermetures d'entreprises par le patronat, avec le « lock-out » pour près de 400 000 salariés).
Emile Tunesi est arrêté le 5 février 1942, à son domicile, par la Feldgendarmerie, à la suite du sabotage du transformateur d'Auboué, comme 21 de ses camarades.
(Lire dans « Plan » du blog, à la rubrique N° 2 « articles historiques », le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942).
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.

Emile Tunesi est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Le numéro d’immatriculation d'Emile Tunesi à Auschwitz n’est pas connu.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Néanmoins le maire de Valleroy, rapporte le témoignage d'Antoine Vanin (rescapé) selon lequel il aurait été abattu à l'arrivée au camp d'Auschwitz, ce qui expliquerait son absence d'immatriculation. Lucien Vannier, survivant d'Orléans, a relaté ce fait, mais il ignorait le nom du déporté.

Sources
  • M. Besnier, Maire de Valleroy (3 octobre 1989),
  • Jean-Claude et Yves Magrinelli, Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle, 1920 - 1945, publié en 1985. Pages 122 et 246.
  • M. Gereigat, FNDIRP Nancy (15 février 1991).
  • M. Corziani (17 mars 1991).
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne.
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