L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SIOUVILLE Lucien, Léon, Jacques, Auguste









46106

Lucien Siouville est né le 16 décembre 1908 à Saint-Lô (Manche). Il habite avec sa femme et leur enfant Bricquebec (Manche) au moment de son arrestation. Il travaille à l’Arsenal de Cherbourg comme chaudronnier.

Communiste connu, Lucien Siouville est candidat aux élections municipales à Cherbourg. Syndicaliste CGT, il est élu délégué ouvrier à l’Arsenal.
Dans le cadre du décret du 18 novembre 1939 "relatif aux mesures à prendre à l’égard des individus dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique", Lucien Siouville est révoqué. Il est mobilisé en avril 1940.

Après la défaite de 1940, il s’évade du camp de prisonniers de Fourchambault (Nièvre) et se réfugie au Moulin de Gonneville, près de Bricquebec (à 15 km de Cherbourg), lieu d’hébergement et de réunion de partisans avec sa femme et son enfant.

Il travaille alors comme bûcheron et effectue de petits travaux.
Il reprend rapidement sa place dans la lutte contre l’hitlérisme : il retrouve la liaison avec le Parti communiste clandestin en février 1941
, grâce à André Defrance (le frère de son épouse), qui organise le secteur et dont il devient l'agent de liaison, puis comme membre du Front national à partir du mois de juillet 1941 (Lucien Siouville assure des liaisons avec les comités du F.N. de l’agglomération cherbourgeoise).
Mais André Defrance est repéré par les Allemands, et Lucien Siouville, à son tour, est identifié.
Le domicile provisoire ayant été «donné» à la Gestapo qui recherchait activement ses occupants à Equeurdreville
et à Cherbourg, Lucien Siouville est arrêté par une soixantaine d’Allemands venus de Cherbourg en cars, dans la nuit du 27 au 28 octobre 1941. Sa femme le sera deux jours après.

Lucien Siouville est conduit à la prison maritime de Cherbourg ("La Totoche", dans le jargon de l'Arsenal). Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Lucien Siouville est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46106.
Lucien Siouville meurt à Auschwitz le le 30 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1120).
Le titre de «Déporté Résistant» lui a été attribué.

Sources

  • "La Résistance dans la Manche" (Marcel Leclerc) Ed. La Dépêche. Pages 40/41.
  • Photo @ www.wikimanche.fr
  • Les recherches de Mme R. Siouville (veuve de Lucien Siouville, rencontrée par Roger Arnould au pèlerinage d'Auschwitz de 1971) effectuées auprès des Associations locales et des archives municipales et départementales ont permis de dresser une première liste et éléments biographiques de 17 des 18 "45000" de la Manche.
  • - http://beaucoudray.free.fr/1940.htm
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen juillet 1992.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.

Biographie rédigée en avril 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), pour le livre "De Caen à Auschwitz" (Collège Paul Verlaine d'Evrecy, Lycée Malherbe de caen et Association Mémoire vive) juin 2001, Ed. Cahiers du temps.
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