L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SCHARF Maurice


46308

Maurice Scharf est né le 13 août 1909 à Cernauti (Russie). Il arrive en France en 1929. Il habite 41 impasse Ecuyère à Caen (Calvados) au moment de son arrestation. I
Il est ingénieur en génie civil. Il a fait ses études à l’Institut de Chimie de Normandie. Naturalisé français le 11 mars 1937, son épouse est une catholique française.

Maurice Scharf est arrêté le 1er mai 1942 (liste des otages Juifs), par des policiers français. Il figure sur la liste de 120 otages « communistes et Juifs » à arrêter établie par les autorités allemandes. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient les trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. Pour lire « le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados », cliquer sur « Article » dans « Rubriques » du blog.

Maurice Scharf est conduit à la maison d'arrêt de Caen, puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46308.
Maurice Scharf meurt à Auschwitz le 31 juillet 1942 d’après les registres du camp.

Sources
- Fiche FNDIRP N° 21341, remplie par sa veuve Denise Scharf, qui cite le témoignage de Charles Lelandais.

- Liste Jean Quellien, historien (1992).
- Liste des Juifs à arrêter le 1er mai 1942 'Archives départementales du Calvados.
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (Archives de la F.N.D.I.R.P).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - des certificats de décès des détenus immatriculés, établis
entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, pour l’état civil de la ville d’Auschwitz.
- Fichier national avec m
ention d'un dossier «Brinon » (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen).

Biographie rédigée en janvier 2001
à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive, et remaniée en décembre 2011, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005)
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