L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ROSIER Lucien


Lucien Rosier est né le 15 mars 1924 à St Jean des Vignes (Saône-et-Loire), il habite à Chalon-sur-Saône. Il est célibataire, ouvrier du bâtiment.
Le 28_mars 1941, Lucien Rosier est jugé "pour chants séditieux" et condamné à 6 mois de prison (L.A 16629)
Il est à nouveau arrêté le 26 février 1942, pris en otage après l'attentat de la rue de Bourgogne (attaque à la grenade par un groupe de l'O.S. (organisation armée du Front National) d'une école réquisitionnée par les Allemands pour servir de Soldatenheim).

En même temps que Lucien Rosier 3 autres châlonnais sont arrêtés. Ils feront partie du même convoi pour Auschwitz : Léon Michaud (45876), Léon Thibert (46140), Henri Goux (45625). Trois ou quatre autres châlonnais, arrêtés comme otages Juifs, seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 5 juin 1942.
Lucien Rosier est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.
Lucien Rosier est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro "46061" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.
Lucien Rosier meurt à Auschwitz le 28 octobre 1942 selon les registres du camp (archives du camp). Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci 15 septembre 1942. Cette date fictive est maintenue dans un arrêté du 14 septembre 1998 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès.
Son homologation de Déporté politique date du 22 juillet 1946.
Sources
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).

- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen, juin 1992.
- FNDIRP Châlon-sur-Saône, M. Georges Mazoyer (1990)
- Confirmation de sa présence dans le convoi par Léon Thibert, rescapé qui le décrit : "un grand, maigre". (Fév. 1991).
Biographie rédigée en mars 2006 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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