L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PERRAULT René




René Perrault est né le 26 octobre 1919 à Segré (Maine-et-Loire) et domicilié à Rennes (Ille-et-Vilaine), rue de la Poterie. Elève à l’Ecole d’industrie, il est titulaire d’un Brevet industriel.
Il est ajusteur à la SNCF,
René Perrault est responsable des Jeunesses communistes de Rennes, avec Jules Lebrun (qui sera tué pendant les combats pour la libération de Paris).
En août 1940, René Perrault organise des groupes de jeunes pour des sabotages.
Le 25 octobre, il provoque la rupture de câbles téléphoniques allemands à la SNCF. Il est convoqué le 30 novembre 1940 par le commissaire Morellon qui le menace mais le libère.
René Perrault continue néanmoins son activité, réalisant plusieurs sabotages de janvier à la fin mai 1941.
Il est arrêté le 22 juin 1941 à Rennes, sur son lieu de travail, par les autorités allemandes. Il est conduit à la prison Jacques Cartier de Rennes, puis remis aux autorités allemandes à leur demande. Cette arrestation a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom « d’Aktion Theodorich », les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Les autorités allemandes l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne, le 10 juillet 1941. A Compiègne il porte le matricule 1161.

René Perrault est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 45966 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

A Auschwitz, il aurait tenté de s’évader ou de se jeter sur les barbelés électrifiés, le 2 octobre 1942, d’après Jean Rouault dont le témoignage a été confirmé par un autre rescapé, Roger Abada. Cet acte aurait eu lieu après la mort d’Emile Drouillas, pour lequel il avait une grande admiration (Renée Thouanel-Drouillas). Cependant, René Perrault ne figure pas à cette date ou à une autre dans le Registre des morts d’Auschwitz (Death Books from Auschwitz), mais qui comporte des lacunes même pour les périodes couvertes par les "livres".
Une rue de Rennes porte son nom, dans le quartier de Saint Hélier.

Sources
- Témoignages de Jean Rouault et Roger Abada.
- « Mémoires de granit » édité par l’Office des Anciens Combattants d'Ille-et-Vilaine 1991.
- Site "Déportés de Bretagne", liste des déportés d'Ille et Vilaine, par Jean Paul Louvet.
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
- Photos et biographie sur Site "Déportés de Bretagne", liste des déportés d'Ille et Vilaine, par Jean Paul Louvet.
- « Emile Drouillas, dit Laporte, militant ouvrier » ouvrage de Jeanne Roquier-Drouillas et Renée Thouanel-Drouillas.
- Commentaires de Mme Renée Thouanel-Drouillas.

Biographie rédigée en juillet 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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