L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PAOUTY Paul Charles




45948

Paul Paouty est né le 8 mars 1920 à Cherbourg (Manche). Il habite 26 rue Victor Grignard à Tourlaville (Manche) au moment de son arrestation.
Il est célibataire. Employé aux écritures à l'Arsenal de Cherbourg.
Il est adhérent aux Jeunesses communistes. Selon l'enquête de police de juin 1951 (effectuée pour la reconnaissance au titre de la Résistance Intérieure Française) "il avait entrepris en 1941 la reconstitution d'une cellule à Cherbourg, ainsi que la formation d'un groupe pour le sabotage des installations militaires allemandes".
Paul Paouty est arrêté le 21 octobre 1941 au domicile de sa mère par des membres de la Geheimfeldpolizei (police militaire allemande). 
Il est détenu à la Prison maritime de Cherbourg. puis  interné le 30 octobre 1941 sous le n° 2134.au camp allemand de Royallieu à Compiègne  (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otagesIl figure sur la liste datée du 23 décembre 1941 qui recense 131 jeunes communistes du camp de Compiègne nés entre 1912 et 1922, aptes à être déportés "à l’Est", en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC).
Paul Paouty est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45948 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Paul Paouty meurt à Auschwitz le 8 août 1942 d’après les registres du camp. Eugène Garnier qui pense l’avoir vu au Block 6 en septembre 1942 confirme sa mort du typhus. Paul Paouty était le plus jeune des «45000» de la Manche.
Il a été déclaré "Mort pour la France" (10 mars 1948). La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 18 février 1994.

Sources
  • Recherches de Mme R. Siouville (veuve de Lucien Siouville (46106), rencontrée par Roger Arnould au pèlerinage d'Auschwitz de 1971) effectuées auprès des Associations locales et des archives municipales et départementales, qui ont permis de dresser une première liste et éléments biographiques de 16 des 18 "45000" de la Manche.
  • Témoignage d’Eugène Garnier, de Flers, rescapé (45571).
  • Archives municipales de Tourlaville le 28 juin 1991.
  • Recensement des jeunes communistes du camp de Compiègne aptes à être déportés "à l’Est" en application de l’Avis du 14 décembre 1941 du Commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (Archives du CDJC - XLIV-198).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les certificats établis de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen, 1992.
  • "Liste des décédés  à Auschwitz. Convoi parti d Compiègne le 6 juillet 1942" (BAVCC) 
  • © SiteLegifrance.gouv.fr
Biographie rédigée en avril 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), pour le livre "De Caen à Auschwitz" (Collège Paul Verlaine d'Evrecy, Lycée Malherbe de Caen et Association Mémoire vive) juin 2001, Ed. Cahiers du temps.
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