L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MICHAUD Léon, dit "Le Miche"


45876

Léon Michaud est né le 25 février 1921 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), où il habite, 12 rue aux Prêtres au moment de son arrestation.
Il est célibataire, ouvrier du Bâtiment.
Membre des Jeunesses communistes, vraisemblablement arrêté une première fois le 1er février 1941, puis une deuxième fois le 26 février 1942, comme otage à la suite de l'attentat de la rue de Bourgogne (attaque à la grenade par un groupe de l'O.S. (organisation armée du Front National) d'une école réquisitionnée par les Allemands pour servir de Soldatenheim).

En même temps que Léon Michaud 3 autres châlonnais sont arrêtés qui feront partie du même convoi pour Auschwitz : Henri Goux (45625), Lucien Rosier(46069), Léon Thibert (46140). Trois ou quatre autres châlonnais, arrêtés comme otages Juifs, seront déportés dans le convoi du 5 juin 1942. Le père de Léon Michaud arrêté en même temps sera libéré plusieurs mois après.
Léon Michaud est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 1er mars 1942, en vue de sa déportation comme otage.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Léon Michaud est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45876.
Selon le fichier des ACVG (Caen1993) il est mort le 5 octobre 1942 à Auschwitz (confirmation par l'arrêté du 6 juillet 1995 (Mention "mort en déportation").
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué en 1958.

Sources
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen octobre 1993.
- Georges Mazoyer (président d'honneur de la FNDIRP Chalon sur Saône (1990) fait référence à une fiche remplie par le père de Léon Michaud après la Libération, selon ce témoignage "le Miche" était "une forte personnalité de la corporation". 1990).

Biographie rédigée en mars 2006 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

Aucun commentaire: