L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MEROT Alphonse



45 875

Alphonse Mérot est né le 1er mars 1905 à Simard. 

Il habite 4 avenue Victor Hugo à Chalon sur Saône (Saône-et-Loire) au moment de son arrestation. 
Il est cheminot.
Adhérent du Parti communiste depuis 1930, il devient secrétaire adjoint du rayon de Chalon en 1932.
Alphonse Mérot est secrétaire de l'Union locale unitaire (CGTU) de Chalon en 1933, il est l'un des artisans de la réunification syndicale (CGT-CGTU) comme secrétaire adjoint de la commission exécutive mise en place en 1935 et présentée au congrès de réunification du 12 janvier 1936.
Il est secrétaire de la Bourse du Travail de Chalon en 1938.
Alphonse Mérot participe à la Résistance aux côtés de Marcel Chauville. Dès 1940, il collabore à la rédaction, confection et distribution de tracts et à la constitution du premier groupe armé (futurs FTP) de la région chalonnaise (attestations de Marcel Chauville et Pierre Vendroux).
Il est arrêté le 23 juillet 1941 et est mis au secret dans une cellule de la prison de Chalon. Le 2 août 1941, il est conduit à la prison départementale de Dijon. 
Puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Pendant le trajet, en gare de Laroche, il jette une lettre sur le ballast, qui sera remise à son épouse. Les Allemands l’internent au camp de Royallieu à Compiègne. Arrivé le lundi 4 août au soir à Compiègne, il est enregistré sous le matricule 1499 avec Claude Chassepot, Charles Renaud, de Montceau-les-Mines, et Paul Girard, de Montchanin, avec lesquels il constitue un groupe de partage des colis (chambrée A5). 
Il y retrouve également son ami Jean Damichel. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog "une déportation d’otages". 

Alphonse Mérot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45 875 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
.Le 12 août 1942 il est affecté au Block 16 du camp principal. Alphonse Mérot meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 801). La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 18 février 1994.
Un hommage lui a été rendu dans la plaquette éditée par le PCF de Saône-et-Loire pour le 40ème anniversaire de la Libération.

Sources
  • Documents de famille fournis par sa petite-fille, Mme Sylvie Muller
  • Registres des décès d’Auschwitz (ci dessus, agrandissement du haut de la fiche).
  • Liste des déportés de France morts entre le 18 septembre au 29 septembre 1942 (archives des ACVG).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom (Sources : Arch. Nat. F7/13130, 13256. Arch. Dép. Saône-et-Loire, série M, police politique. La Voix du peuple, janvier 1936. Notes de H. Louis).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • © Site Legifrance.gouv.fr
Biographie rédigée en mars 2006 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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