L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LEVINSKY Chaïm


46296

Chaim Levinsky est né le 18 août 1888 à Lodz (Pologne). Domicilié 4 route de Caen (aujourd’hui rue du Général de Gaulle) à Dives-sur-Mer (Calvados), au moment de son arrestation.
Il est marié, père d’un enfant, René, âgé de 20 ans, qui sera arrêté et déporté en même temps que lui. La famille Levinsky tient un commerce (il est chemisier), qui sera liquidé sur ordre des autorités occupantes.

Dans la nuit du 1er au 2 mai, à 1 heure du matin, Chaim Levinsky est arrêté à son domicile, comme otage Juif par la police française : il figure sur la liste des Juifs à arrêter le 1er mai 1942 (120 otages « communistes et Juifs ») établie par les autorités allemandes. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants.

Pour lire « le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados », cliquer sur « Article » dans « Rubriques » du blog.

Il est emmené à la maison d’arrêt de Caen, puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.

Chaim Levinsky est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Chaim Levinsky est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46296.
Il meurt à Auschwitz le 7 août 1942, d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.

Sources
- Fiche de renseignements FNDIRP établie par sa veuve, Perla Levinsky (N° 8414)
- Listes (incomplètes) du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.

Biographie rédigée en janvier 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
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