L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


JOSSELIN Roger, Jean


Collection Jean Josselin
Roger, Jean Josselin est né le 13 août 1920 au domicile de ses parents au 25 rue des Poussots à Dijon (Côte-d’Or).
Il est le fils de Jeanne, Juliette Didier, 30 ans, ouvrière aux tabacs et de Jean  Josselin, 33 ans, coiffeur, son époux.
Il habite rue du Pont, à Seurre (Côte d’Or) au moment de son arrestation.
Début 1941 ou 42. Roger Josselin debout à gauche
Il est adhérent aux Jeunesses communistes d'après Gaby Lejard.
Il épouse Marie, Camille Pernelle à Dijon le 6 septembre 1941.
Au début de l'occupation, il habite rue Neuve Bergère à Dijon.
Roger Josselin est arrêté une première fois "fin septembre 1940 à la suite d'une action des jeunes communistes : distribution de tracts, collage de papillons, inscriptions sur les murs . 14 jeunes sont arrêtés et déférés devant le Procureur. Le 14 février 1941, Roger Josselin est condamné à 5 mois d'emprisonnement (Evelyne Bouly).
A la fin de sa peine de prison il est libéré et vient habiter Seurre. Il y fait des études pour devenir préparateur en pharmacie. En juillet 1941, il est embauché comme terrassier aux établissements "Perrin et Lambert". Il entraîne l'équipe de football de la commune.
Il a épousé Camille Pernelle. Le couple qui habite rue du Pont à Seurre aura un garçon prénommé Jean, que son père ne connut jamais.
En effet, Roger Josselin est arrêté une deuxième fois le 26 février 1942. Ce jour-là les allemands raflent des militants communistes de Côte d’Or qui ont déjà été arrêtés. Lire dans le blog La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent des militants, dont la plupart avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour « activité communiste » depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite de l’attentat du 10 janvier 1942 à Dijon contre le « foyer du soldat allemand » dont les auteurs n’ont pas été retrouvés à cette date. Adrien Burghard sera lui aussi arrêté dans le cadre de cette opération et déporté à Auschwitz.
Il est ensuite remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Depuis ce camp, Roger Josselin va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Roger Josselin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro «45687» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

Un article de Gabriel Lejard
A Auschwitz selon Gabriel Lejard, «le petiot avait perdu la raison dès les wagons et ne parvenait pas à retrouver son block dans la cour», et avait été placé au Revier, peu après l'arrivée au camp "il a été ramassé comme çà, et emmené à la chambre à gaz".
Roger Josselin meurt à Auschwitz le 18 sept. 1942 d’après les registres du camp.
In Le Bien Public du 26 février 2014
Le 25 février 2014, une rue de Seurre a été inaugurée à sa mémoire, en présence de son fils Jean Josselin


Sources
  • Témoignage enregistré de Gabriel Lejard (1988) et article ci-contre dans le journal de Dijon.
  • "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz. Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). N° 31377 et 176).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Correspond aux indications de Liste A ou Liste établie à partir des registres des morts d'Auschwitz (Archives des ACVG) ou Les Livres des morts d'Auschwitz.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • "Contribution d'Evelyne Bouly", adhérente de l'association Mémoire Vive, petite fille d'Edouard Til (46147), texte imprimé (envoi "Mémoire Vive" mars 2014).
Biographie rédigée en février 1998 par Claudine Cardon-Hamet (modifiée en mars 2014 après lecture de la contribution d'Evelyne Bouly). Claudine Cardon-Hamet docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: