L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HOMMET René, Charles










45665

René Hommet est né le 25 janvier 1914 à Paris (14°).
Il habite chez ses parents à Port-en-Bessin (Calvados) au moment de son arrestation.

Il est célibataire, peintre en bâtiment dans la petite entreprise de son père Charles Hommet (militant communiste, connu pour son action en faveur des enfants des Républicains espagnols réfugiés dans le Calvados. Celui-ci est arrêté le 2 juin 1940 pour propagande communiste et interné administratif au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe, puis déporté en Algérie).


René Hommet est membre du Parti communiste : il a repris le combat de son père au sein de la Résistance.
Il est arrêté dans la nuit du 1er mai 1942 par les mêmes gendarmes français qui avaient déjà arrêté son père (lire le récit de cette arrestation par son frère Roger en pages 29 et 30 du livre « de Caen à Auschwitz »).
René Hommet figure sur la liste de 120 otages « communistes et Juifs » établie par les autorités allemandes. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants.
Pour lire « le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados », cliquer sur « Article » dans « Rubriques » du blog.

Des policiers allemands viennent le chercher à la gendarmerie de Port-en-Bessin, 4 heures après son arrestation : il est remis aux autorités allemandes (Feldkommandantur 723) à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.



René Hommet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.


Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45665.
René Hommet meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Il a été élevé au grade d’adjudant au titre de la Résistance intérieure française (1950).
Une rue de Port-en-Bessin de Port-en-Bessin honore sa mémoire.
Une cellule du PCF a porté son nom.


Sources- Fiche FNDIRP.
- Lettre de son père à André Montagne (1946).
- Hommage aux victimes du nazisme dans le Calvados : Centre de Recherche d’histoire quantitative - Mémorial de Caen.
- Liste des « communistes arrêtés dans la nuit du 1er au 2 mai sur désignation de l’Autorité Allemande (Feldkommandantur 723) et remis à celle-ci le 3 mai 1942 ».
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.


Biographie rédigée en janvier 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
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