L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GRÜNBERG Marc

46280


Marc Grünberg est né le 21 septembre 1906 à Tulcea (Roumanie). Il est médecin à Morteau-Couliboeuf, où  il habite au moment de son arrestation.
Marc Grünberg est arrêté le 1er mai 1942 comme otage juif : il figure en effet sur la liste des Juifs à arrêter le 1er mai 1942 à partir d'une 'List der Juden" avec 120 otages «communistes et Juifs») établie par les autorités allemandes (LA 10562).

Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. 
Lire Le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados (avril-mai 1942).
Conduit à la prison de Falaise (N° d’écrou 91), Marc Grünberg est libéré le 3 mai.
Il est arrêté de nouveau le 7 mai. Il est conduit à la prison de Caen, puis il est remis aux autorités allemandes (Feldkommandantur 723) à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 9 mai, en vue de sa déportation comme otage.
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Marc Grünberg est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46280 .
Il meurt à Auschwitz le 12 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 399). 

Il n'a reçu ni le titre de "déporté politique" ni la mention "mort en déportation". Y avait-il encore après la guerre un membre de sa famille susceptible de faire les démarches nécessaires ?

Selon les informations biographiques provenant d'Eve Line Blum, publiées sur le site Genweb le 5 mai 2009, son fils Marc, né le 5 mars 1928 à Berlin (Allemagne), naturalisé français, avait été arrêté à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) le 1er octobre 1942, avec Maria Grünberg.  Née Popper le 3 octobre 1903 à Tarnopol en Pologne), elle était probablement la mère du jeune Marc alors âgé de 14 ans.  Ils sont tous deux déportés à Auschwitz par le convoi n° 40 au départ de Drancy, le 4 novembre 1942 (Mémorial de la Shoah).  

Leur noms figurent à côté de celui de Grünberg W sur le monument aux victimes du nazisme de Saint-Lot (Manche) où ils ont dû habiter en dernière instance.  
Le nom du médecin Marc Grünberg se trouve sur le monument aux morts de Morteau-Couliboeuf
On trouve son nom parfois orthographié Grimberg : cf "Shoah en Normandie" éditions Cheminements. 


Sources
  • Liste des otages juifs du Calvados arrêtés le 1er mai 1942 (Archives départementales du Calvados)."List der Juden".
  • Site GenWeb
  • Site du Mémorial de la Shoah
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
     

Biographie rédigée en janvier 2001 et modifié en mars 2012 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive.
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