L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GOUX Henri, Désiré



45625
Henri Goux est né le 27 mars 1922 à Chalon-sur-Saône. Il habite Chalon au moment de son arrestation. Célibataire, il est ouvrier du Bâtiment.
Henri Goux est communiste, connu des services de police.
Il est arrêté le 26 février 1942, pris en otage après l'attentat de la rue de Bourgogne place du Théâtre à Dijon (attaque à la grenade par un groupe de l'O.S. (organisation armée du Front National) d'une école réquisitionnée par les Allemands pour servir de Soldatenheim).

En même temps qu'Henri Goux trois autres châlonnais sont arrêtés. Ils feront partie du même convoi pour Auschwitz : Léon. Michaud (45876), Lucien Rosier(46069), Léon Thibert (46140). Trois ou quatre autres châlonnais, arrêtés comme otages juifs, seront déportés dans le convoi du 5 juin 1942
Henri Goux est emprisonné à la maison d'arrêt de Chalon et de Beaune. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu début mai 1942 à Compiègne (témoignage d'Alfred Savin emprisonné en même temps que lui à la maison d'arrêt de Châlon et de Beaune).

Henri Goux est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Henri Goux est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45625.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci 15 août 1942.
Léon Thibert a fait le récit de sa mort, selon lui à l'automne 1942, au camp de Birkenau : Atteint du typhus, "il ne pouvait plus marcher, il était devenu "musulman" et mourut d'épuisement".
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 18 février 1994.

Sources
  • Témoignage de Léon Thibert (février 1990)
  • FNDIRP Chalon-sur-Saône, M. Georges Mazoyer (1990)
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • © Site Legifrance.gouv.fr
Biographie rédigée en mars 2006 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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