L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GIRARD Paul




Paul Girard est né le 3 octobre 1909 à Chassagne (Côte d'Or). Il habite à Montchanin (Saône-et-Loire) au moment de son arrestation. Il est électricien au PLM (service électrique) à Saint-Léger-sur-Dheune (Saône-et-Loire) où il habite au moment de son arrestation. En 1932, il est secrétaire de la cellule communiste de Saint-Léger qui comptait une dizaine d’adhérents. "Il était assisté de Maurice Cas, trésorier. Une notice le concernant avait déjà été établie par la police le 31 décembre 1929". (Maîtron). Syndicaliste, il est responsable de la Fédération des cheminots CGT pour Montchanin.
Paul Girard est arrêté une première fois en 1939, après la dissolution du PCF. Il est interné au Fort de Hauteville.
Toujours actif après 1939, il est arrêté‚ pour la deuxième fois le 22 juin 1941 par la police française. 
A cette date, 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française plus de mille communistes (sous le nom « d’Aktion Theoderich »). D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (Dijon et Châlon pour la Saône-et-Loire), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Claude Chassepot (de Saint-Vallier), Alphonse Mérot (de Châlon-sur-Saône), Charles Renaud (de Montceau) sont arrêtés le même jour.
Paul Girard est détenu dans les prisons de Châlon-sur-Saône et de Dijon. Il est interné à Compiègne le 19 juillet 1941 (Chambre 6, Bâtiment A5). Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Paul Girard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas certain. Le numéro "45606" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves (la photographie jointe à cette biographie pourra peut-être apporter une confirmation).
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Paul Girard meurt à Auschwitz le 21 août 1942 selon les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci en septembre 1942 (mention marginale du jugement déclaratif de décès daté du 16 juin 1948).
Une rue de Montchanin porte son nom (à la Cité des Cheminots).

Sources

  • Indications fournies par Raymond Renaud, fils de Charles Renaud (1988).
  • Témoignage de Gabriel Lejard (I988).
  • Correspondance avec la mairie de Montchanin (recherches de Maguy Krivopissko-Cardon en 1991).
  • Avis de décès (ACVG avril 1992)_
  • Mairie de St Léger sur Dheune 28 juillet 1992.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en mars 2006 (complétée en 2011 et 2017) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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