L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FREMONT Samuel, dit Léon

Fiche d'arrestation




Matricule 45557 à Auschwitz


Léon Frémont est né le 25 janvier 1901 à Condé-sur-Noireau (Calvados), où il habite, rue de la Cavée au moment de son arrestation.
Il est le fils de Zélie Morel, 28 ans, et d'Alfred, Eugène Frémont, 33 ans, tisserand, son époux.
Conscrit de la classe 1921, il arrive au 503 ème Régiment de Chars légers le 7 avril 1921.
Il passe au 522 ème le 15 août 1922.
Il est libéré de ses obligations militaires le 30 mai 1923.
Il épouse Germaine Andréa le 6 janvier 1925 à Condé-sur-Noireau.
Tisserand en chômage, il travaille comme terrassier à l'usine Radiguet de Flers (Orne). Le couple divorce le 26 octobre 1929. Léon Frémont est père d'une fille et d'un garçon, Jacques (qui décédera sous les drapeaux de l’armée Leclerc).
Sympathisant communiste, délégué CGT du personnel, Léon Frémont participe activement au Front populaire.

Le 10 mai 1939, il habite au 9 rue de Vaucelles à Caen. 
Il est mobilisé le 27 août 1939 au 36 ème Régiment régional (troisième compagnie).
Devenu militant communiste, il subit une perquisition à son domicile, le 1er juillet 1941. Militant du Parti communiste clandestin, il diffuse des tracts anti-allemands.
Léon Frémont est arrêté le 3 mai 1942, chez lui vers 22 heures, par les Felgendarmes (le sous-préfet de Vire ayant refusé le recours à la Gendarmerie), qui, ne l’ayant pas trouvé l‘après-midi, étaient revenus le soir.
En effet il figure sur la liste de 120 otages « communistes et Juifs » établie par les autorités allemandes. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. Lire sur ce blog : 
Le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados (avril-mai 1942).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Avec Jules Datin, Pierre Lebreton (45744), et François Poirier (45997), Léon Frémont est conduit à la maison d'arrêt de Vire, puis à celle de Caen. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage. A Compiègne, il reçoit le matricule 5267. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45557.Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Léon Frémont meurt à Auschwitz le 8 août 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Il a été déclaré "Mort pour la France".
Son nom figure sur la plaque qui rappelle le souvenir des patriotes de l’arrondissement de Vire, inaugurée le 7 juin 1953 par le Général De Gaulle.
Une rue de Condé-sur-Noireau porte son nom.

Sources

  • Archives numérisées du Calvados. Registre matricule militaire
  • Liste d'otages du Calvados.
  • Liste Jean Quellien, historien (1992)
  • Documents de Mme Simone Bunel, sa nièce (15 nov.1992)
  • Photocopie du livret de famille ­
  • Lettre du sous-Préfet de Vire relatant les arrestations (6 mai 1942)
  • Liste des otages arrêtés dans la nuit du 3 au 4 mai, signée du capitaine G...
  • Demande d'élargissement refusée à son frère 18 septembre 1942.
  • Lettre du maire de Condé 29 mai 42.
  • Lettres de Léon Frémont écrites de Compiègne (6 juin 1942).
  • Lettre écrite avant le départ (6 juillet 1942) "dans l'espoir que tu lises ma lettre un de ces jours, si je tombe sur un bon garçon obligeant " écrit-il à son frère.
  • ACVG, déc.1992 Caen.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en janvier 2001 (complétée en octobre 2015) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com / Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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