L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FARADON Julien


Julien Faradon à Auschwitz
Matricule 45527 à Auschwitz

Julien Faradon 
est né le 2 avril 1912 est né rue de Sévigné au domicile de ses parents à Is-sur-Tille le 25 avril 1912.
Il est le fils de Maria Félici Janicaud, 24 ans, sans profession et de Charles Faradon, 27 ans, employé de chemin de fer, son époux.
Il est marié, père d’un enfant. Il habite au 52 rue Guillaume Tell à Dijon au moment de son arrestation.
Julien Faradon est ajusteur à l’usine de décolletage Lipton, à Dijon.
Il adhère au Parti communiste durant les grèves de 1936, mais le quitte en 1939.
Julien Faradon est arrêté comme otage le 11 janvier 1942, après l'attentat de la rue de la Pépinière du 10 janvier 1942 (une bombe est lancée par des résistants communistes contre le Soldatenheim (foyer du soldat).
Selon les enquêteurs, la bombe artisanale avait été fabriquée à l'usine Lipton. Julien Faradon, Eugène Bonnardin Henri Poillot et André Renard sont arrêtés en même temps et pour le même motif. Ils sont remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci les internent au début février 1942 au camp de Royallieu à Compiègne.
Julien Faradon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45527".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. Elle a été identifiée par Gabriel Lejardrescapé du Convoi.
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale" 
A Auschwitz-I, il est affecté au block 16.
Il est immatriculé le 8 juillet 1942
Julien Faradon meurt à Auschwitz le 17 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 275). Il convient de souligner que cent quarante-huit «45000» ont été déclarés décédés à l’état civil d’Auschwitz les 17, 18 et 19 septembre 1942, ainsi qu’un nombre important d’autres détenus du camp enregistrés à ces mêmes dates. D’après les témoignages des rescapés, ils ont tous été gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée dans les blocks d’infirmerie.

Sources
  • Souvenirs écrits et enregistrés sur cassette par Gabriel Lejard.
  • Photo d’immatriculation à Auschwitz authentifiée par Gabriel Lejard à la FNDIRP
  • Archives municipales de Dijon.
  • Lettre de Mme Degroise, conservateur, sept. 1991.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en février 1998 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «4500 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Autrement, Paris 2005).
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