L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DUPONT Robert




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Robert Dupont est né le 22 juin 1912 à Dives (Calvados). Il habite au 31 rue Voltaire à Mondeville (Calvados) d’après la fiche de renseignements remplie par sa veuve.
Il est marié, père d’un enfant.
Il est chauffeur à la SNCF (il est possible qu’il ait été révoqué en 1938, car sur la liste des communistes arrêtés la nuit du 1 au 2 mai 1942 et remis à la Kommandantur 723, il est mentionné comme plombier, avec comme adresse, 122 rue de Geôle à Caen)
Militant communiste, il est secrétaire de la cellule du Dépôt de la gare de Caen

Robert Dupont est arrêté la nuit du 1er au 2 mai 1942 : il figure sur la liste de 120 otages «communistes et Juifs» établie par les autorités allemandes. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants.
Lire «
Le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados (avril-mai 1942). Robert Dupont est conduit à la gendarmerie de Mondeville, il est remis aux autorités allemandes (Kommandantur 723), le 3 mai à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.
A Compiègne il reçoit le matricule 5223. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Robert Dupont est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz ne figure pas dans le Mémorial du Musée D'Auschwitz-Birkenau. Mais la photo d'immatriculation à Auschchwitz du déporté portant ce numéro a été reconnue par André Montagne .

Robert Dupont meurt à Auschwitz le 6 octobre 1942 
d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 246). 
Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué.

Sources

  • Fiche FNDIRP remplie par Mme Dupont (N° 5495 / 8378).
  • Liste des « communistes arrêtés dans la nuit du 1er au 2 mai sur désignation de l’Autorité Allemande (Feldkommandantur 723) et remis à celle-ci le 3 mai 1942
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en janvier 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
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