L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CHAUSSARD Louis Charles



Louis Chaussard à Auschwitz
Matricule "45362" à Auschwitz

Louis Chaussard est né le 25 août 1889 à Cercy la Tour (Nièvre). 

Il habite au 1 ou 16 rue de la Manutention à Dijon (Côte d'Or) au moment de son arrestation.
Louis Chaussard est le fils d’Annette Michaud, 34 ans, sans profession et d'Etienne Chaussard, 42 ans journalier, son époux.
Il habite à Cercy-la-Tour et exerce le métier d’employé de commerce au moment du Conseil de révision. Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 61, a les cheveux et yeux châtains, le front étroit, le menton rond, le nez moyen, le visage ovale. Il a un niveau d’instruction n° 3 (possède une instruction primaire supérieure).
Conscrit de la classe 1909, Louis Chaussard est incorporé au 56ème Régiment d’Infanterie le 30 octobre 1910. Il est envoyé en disponibilité le 31 octobre 1912, « certificat de bonne conduite accordé ».
Il épouse Clémentine Chatelain (née à Cannes Ecluses le 2 avril 1892) à Cercy-la-Tour le 12 juillet 1913. Le couple aura trois filles : Andrée, née le 13 mars 1917 à Cercy-la-Tour (58), Alice, née le 16 juillet 1918 à Cercy-la-Tour et Micheline, née le 5 décembre 1929 à Nevers.
Avec la mobilisation générale (décret du 1er août 1914), il est rappelé au 8ème escadron d’infanterie, à Châlons-sur-Marne, où il arrive le 3 août.
Il est blessé le 25 août 1914 (plaie par balle au mollet droit) à Essey-la-Côte (Meuthe-et-Moselle) lors de la reprise de Rozelieures (1315 tués !).
Il est à nouveau blessé (atrophie papillaire : il n’aura plus qu’1/10ème à l’œil droit) et évacué du Bois d’Ailly le 28 mars 1915 lors de la bataille de Saint-Mihiel. Pendant l’offensive de Champagne, il est évacué des tranchées de La Courtine le 2 avril 1917. Il passe au 8ème escadron du Train le 20 janvier 1919.
Louis Chaussard est démobilisé le 3 avril 1919 (campagnes contre l’Allemagne comptabilisées du 6 août 1914 au 6 avril 1919) et classé dans la Réserve militaire comme « affecté spécial » aux chemins de fer de campagne et affecté au PLM à Cercy-la-Tour en qualité de manœuvre.
En mai 1929 il habite Nevers au 74 rue des Montapins.

En septembre 1935, le couple habite au 1 rue de la Manutention à Dijon.
Louis Chaussard est employé au dépôt SNCF, où il travaille à l'entretien (il est sous-chef brigadier de manoeuvre, in "Rail et Mémoire"). 
Louis Chaussard est communiste et connu comme tel. 
Il est arrêté, le 23 juin 1941, par la police allemande (le 22 juin 1941 et dans les jours qui suivent l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française, plus de mille communistes. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (Louis Chaussard est détenu dans les prisons de Dijon et de Vesoul), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”. Louis Chaussard est interné à Compiègne, le 5 juillet 1941, sous le matricule 1096. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.
Il est immatriculé à Auschwitz,  le 8 juillet 1942
Louis Chaussard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
A Auschwitz, il reçoit le matricule "45362". Sa photo d'immatriculation a été identifiée par Gabriel Lejard rescapé du convoi.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Louis Chaussard meurt à Auschwitz le 3 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 2 page 165). Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45362.Il a été déclaré "Mort pour la France".
Le titre de « Déporté Résistant » lui a été attribué.

Sources
  • Souvenirs et témoignages de Gabriel Lejard (cassette 1988).
  • Photo d’immatriculation à Auschwitz identifiée par Gabriel Lejard à la FNDIRP.
  • Fichier central des ACVG à Caen.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Mel de Mme Claudette Roche Saussard, petite nièce de Louis Chaussard (25 juillet 2011) concernant la généalogie.
  • Etat civil et Registres matricules militaires de la Nièvre en ligne.
Biographie rédigée en février 1998, modifiée en 2011 et 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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